Au sein d’une entreprise, la confiance, qui se forge autour d’éléments immuables, est le socle garantissant la qualité de ses relations commerciales et de sa croissance. Face aux difficultés de financement et de survie des activités que connaissent les entreprises en Afrique, gouvernance et fiabilité de l’information financière ont des rôles clés.

L’information financière éclaire investisseurs et parties prenantes.

  • Lever les freins à la qualité de l’information financière

Aujourd’hui, des obstacles entravent la délivrance de la bonne information financière dans le continent africain.

Les facteurs endogènes. Le manque de ressources compétentes pour assumer certaines responsabilités dans l’entreprise, le non-respect de certains textes et dispositions réglementaires, et la mauvaise gestion, souvent corollaire à la pénurie de talents et d’expertise, réduisent la qualité de l’information financière. En outre, la culture du secret et le manque de transparence systématisent la méfiance et limitent la confiance.

Les facteurs exogènes. D’abord, le monde des affaires ne perçoit pas encore l’expert-comptable et le commissaire aux comptes comme de véritables partenaires.

Du point de vue socioculturel, la tenue de la comptabilité est souvent perçue comme une obligation légale, voire une contrainte fiscale. Dès lors, seules les informations déclarées à l’administration fiscale sont transmises au comptable pour enregistrement.

De toute évidence, l’environnement des affaires africain n’offre pas, à ce jour, suffisamment d’incitations pour tirer les opérateurs économiques vers une formalisation de leurs activités. Néanmoins dans certains pays, différentes avancées en matière légale sont à souligner : réforme du Centre des formalités des entreprises et mise en place du guichet unique, suppression de la taxe à la création d’entreprises, adoption du Code des investissements, réduction du taux d’impôt sur les sociétés, création des Centres de Gestion Agrées et de leur avantage fiscal.

  • Garantir la qualité de l’information financière 

Une information est jugée pertinente lorsqu’elle permet à l’investisseur de comprendre et d’apprécier la situation financière et les performances de l’entreprise.

La bonne information financière doit être comparable dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire d’une année sur l’autre et d’une entreprise à l’autre. La notion de comparabilité renvoie donc aux standards comptables. Ce n’est pas tant leur contenu, mais leur appropriation et leur application uniforme qui constitue l’une des principales clés. Le droit comptable OHADA offre aujourd’hui un corpus de règles suffisamment large et cohérent avec les réalités du monde des affaires en Afrique. Mais dans notre environnement globalisé, les professionnels de la comptabilité réfléchissent au rapprochement de ce droit, avec les normes internationales IFRS – standard prédominant en Europe, de plus en plus appliqué en Asie et aux Etats Unis.

Il est indispensable également que l’information, fournie au moment où elle peut influencer le choix des décideurs, soit facilement compréhensible par tout utilisateur disposant d’un niveau raisonnable de connaissance en management.

Aussi, pour garantir la qualité de l’information financière en Afrique, il convient de développer la communication sur les dispositifs de contrôle interne des entreprises et la communication extra-financière, notamment les données liées à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise.

La gouvernance apparaît comme un facteur d´équilibre multipartite et un juge de paix.

  • Observer les modèles de gouvernance en vigueur  

La réflexion occidentale pose différents piliers à sa gouvernance. Le système de régulation financière s’appuie à la fois sur l’autodiscipline professionnelle (Soft Law) et sur l’intervention des pouvoirs publics (Hard Law). La convergence des pratiques s’est mise en place autour de plusieurs organes de la gouvernance : le Conseil d’administration, les actionnaires et les parties prenantes mieux impliqués dans l’Assemblée Générale, plus écoutés, et davantage informés grâce à une meilleure transparence.

Les pays et les marchés se placent sur le grand échiquier mondial de la gouvernance selon deux axes fondamentaux. D’abord, l’importance spécifique accordée aux actionnaires  traduit souvent la « culture de marché » propre à chaque pays. Dans le modèle « shareholders », très anglo-saxons, l’actionnaire prime. A l’inverse, le modèle « stakeholders » donne aux parties prenantes, notamment au personnel, des leviers importants – c’est le cas en Allemagne par exemple. Ensuite, il existe deux grandes familles de gouvernance : celle des blocs de contrôle, appliquée en France et en Allemagne par exemple ; celle de l’actionnariat très dispersé, comme c’est le cas en Grande Bretagne et au Pays-Bas.

  • Développer le modèle de gouvernance adapté à l’environnement économique africain

Pour des raisons structurelles, il est difficile d’adapter le modèle occidental à l’Afrique. Les entreprises sont individuelles ou familiales, majoritairement de petite ou moyenne taille, ne font pratiquement pas d’appel public à l’épargne et sont dirigées par les propriétaires ou les fondateurs.

Plusieurs pistes pourraient être explorées pour mettre en place un modèle de gouvernance adapté à l’Afrique. Il convient d’abord de développer une culture d’éthique et de respect des règles. Il est aussi important de mettre en place de bonnes procédures de contrôle interne à tous les échelons de l’entreprise et de s’assurer de leur bonne application. Avoir une politique de rémunération objective, en relation avec les performances réelles des collaborateurs, est également indispensable. Si une entreprise a opté pour un Conseil d’administration, cela requiert que les administrateurs soient compétents, indépendants et capables de s’exprimer librement. Enfin, il est conseillé aux dirigeants d’avoir un rôle exemplaire : on parle de « Tone at the top ».

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