1 – Tensions en Ukraine : sur le terrain, pas (encore) en finance

La situation est passée à un niveau plus élevé de tensions sur le terrain, mais pas sur celui des sanctions avec la Russie, le fameux niveau 3 des sanctions économiques (et financières). On se doute que chacun fourbit ses armes mais que tous s’inquiètent d’une escalade incontrôlée. L’équilibre de la terreur c’était la bombe, maintenant c’est la finance. De toute manière il faudra en sortir et trouver un équilibre. L’Ukraine vient d’être sauvée par un prêt à court terme du FMI, avec promesses d’aides nouvelles sous conditions de restructurations et des baisses de subventions (notamment pour le gaz) – mais on ne voit pas comment les mettre en place sans renforcer les tensions sociales internes. L’Europe devrait suivre pour des aides. Mais elle attend l’évolution des discussions à l’ONU. De toute manière, rien n’est possible sans accord avec la Russie, nouvelle constitution et nouvelle feuille de route (plus milliards). Evidemment, la réduction de ces tensions conditionne les tournants ci-après.

2 – Tournant de croissance aux Etats-Unis : après le froid, le tiède

Pas de croissance en début d’année aux Etats-Unis, pour cause d’hiver rude, puis de bons chiffres sur l’emploi en mars (288 000 nouveaux jobs) et l’idée que les choses devraient s’améliorer. La Fed redouble quand même d’attentisme : pas de hausse des taux courts avant un an pour ne pas trop alimenter la hausse des taux longs, crainte par tous de ce tournant-là.

4 – Tournant en zone euro le 8 mai : vers le « non conventionnel » ?

Mario Draghi va-t-il profiter de sa conférence de presse, suite à la réunion du Conseil des gouverneurs, pour changer la donne et annoncer une baisse des taux et/ou des mesures non conventionnelles de soutien à l’économie par achat de crédits aux PME ou de bons du trésor ? Rien ne l’y contraint : la croissance se renforce et l’inflation remonte. Le plongeon vers la déflation est évité. Mais la reprise est faible notamment au sud. Surtout, cette réunion du 8 mai a lieu… à Bruxelles, avant des élections européennes entre le 22 et le 25 mai – dont les résultats inquiètent. Alors, Mario Draghi va-t-il prendre le tournant ?

5 – Tournant : une Europe ingouvernable ?

La campagne électorale européenne est en train de se dessiner, après les municipales et entre les ponts de mai et juin : 3 semaines au plus. Les sondages montrent une montée des « eurosceptiques » au détriment des chrétiens-démocrates (PPE – Parti populaire européen) et des sociaux-démocrates (PSE – Parti socialiste européen). Au niveau européen, les questions vont concerner le poids relatif des eurosceptiques puis le parti leader, PSE ou PPE, le PPE tenant la corde. En France, le poids des partis et de leurs députés sera très important pour la suite, notamment pour la politique qui sera suivie en France et le regard qui sera porté par les marchés financiers.

6 – Tournants : la logique Valls

Le programme Valls a été voté après crispations et débats. Sa logique est d’abord politique. Pour 2014-2015, il s’agit de soutenir l’emploi à court terme en abaissant le coût du travail des moins qualifiés, celui qui est le plus sensible à son coût pour les entreprises. Si la courbe du chômage baisse, tout le monde comprendra que François Hollande se représente. 2014-2017 : le plan est ensuite budgétaire puisqu’il s’agit de réduire la dépense publique sans trop susciter de réactions hostiles des syndicats ni sans trop peser sur la conjoncture. 2014-2016 : le plan concerne enfin la remontée des marges par la baisse des charges (CICE, baisse des charges et des impôts, simplifications multiples), avec l’idée de permettre une embauche des salariés au-delà de 2 SMIC. Au fond, il s’agit de combiner soutiens à la croissance privée et réduction graduelle des déficits publics, de façon à surfer sur la reprise, en attendant 2017.

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