1 – Ukraine : trouver une solution intermédiaire

Entre votes pro-russes et élection présidentielle, comment va se gérer le fractionnement du pays ? La Russie a avancé ses pions, l’Europe et les Etats-Unis ont tenté de contrer. Le plus vraisemblable est une faiblesse endémique, en attendant qu’un « co-soutien », pour ne pas dire de « partage d’influence », se mette en place.

2 – Les trois limites du Quantitative easing

  • au Japon, il n’a pas suffi à faire repartir assez l’économie, ni l’inflation. Une autre dose ? Avec quelles réactions en Chine ?
  • au Royaume-Uni, il a fait repartir l’activité, mais pas encore au niveau pré-crise, et a alimenté une bulle immobilière. Continuer sans monter les taux ?
  • Etats-Unis : même si la situation se normalise, le chômage de longue durée appelle des actions nouvelles. Les taux bas ont leurs limites.

4 – Zone euro : entre panne de croissance et élections, les marchés s’inquiètent à nouveau pour le sud (Espagne et Italie) et attendent une baisse des taux

La zone euro se distend, entre une Allemagne qui va de mieux en mieux, sans beaucoup d’inflation d’ailleurs, et un Sud à la peine, en Italie notamment, avec une inflation qui demeure. La croissance de la zone euro peine à repartir, la déflation n’est plus un risque, mais l’inflation basse oui. Elle se manifeste en effet dans les pays en reprise et pas dans les autres. Les taux réels allemands sont donc très faibles, les taux réels espagnols ou italiens trop élevés. L’inverse de ce qu’il faudrait.

Mario Draghi va donc devoir agir au plus tôt en baissant les taux à court terme, ce qui est le plus facile sans être le plus convaincant. Ce qu’il voudrait faire : soutenir le crédit aux PME au Sud est très difficile. Ce qu’il pourrait faire – acheter des bons du trésor – n’est pas encore économiquement et politiquement mûr. Reste la baisse des taux (et peut-être des taux de réserve négatifs), pour envoyer un signal et surtout pour commencer. Au fond, la BCE se mettrait ainsi à agir et les marchés financiers apprécieraient grandement.

5 – Europe : en attendant les résultats des élections

Les prévisions de sièges donnent une faible majorité au PPE (221 contre 194 ou 221 contre 209) ce qui laisse une ample place à des alliances avec l’ALDE d’un côté (autour de 63 élus) et les « verts » de l’autre (G/EFA : entre 40 et 50). Rien n’est donc joué, ce qui pourra faire monter la tension sur le Président de la commission. Va-t-il être choisi par le Parlement ou par les Chefs d’Etat ? Sachant que les politiques à suivre ne sont pas nécessairement très claires dans les déclarations (ni très différentes des actuelles pour l’essentiel).

6 – Politique Valls : grand écart… ou grand art ?

La croissance 0 au premier trimestre laisse un acquis de 0,3 % pour 2014. Dit autrement, le 1 % promis n’est pas évident, sachant que les ménages ont moins consommé, devant une baisse de leur revenu disponible, et les entrepreneurs moins investi, devant une baisse de leur profit. Pour les mois à venir la marge est donc très étroite, sachant que les baisses de dépenses publiques ont été annoncées et vont commencer à peser. L’économie-politique de la tactique Valls sera donc décisive, devant obtenir une sorte d’appui (à négocier) de la part des syndicats et susciter moins d’interrogations de la part des patrons, notamment de PME.

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