Les solides perspectives de croissance du trafic aérien, ainsi que l’émergence de nouvelles puissances géopolitiques, attisent la concurrence entre compagnies aériennes. Nombre d’entre elles sont contraintes de repenser leur équation stratégique, en optimisant les coûts d’exploitation, « l’expérience » des passagers et leur réseau – avec en toile de fond la question capitale des alliances.

Dans un cadre financier structurellement contraint – malgré la bouffée d’oxygène offerte par la baisse des prix du carburant, les compagnies cherchent à transférer certains risques. Elles orientent donc de plus en plus leurs décisions d’achats en fonction du coût d’exploitation complet des appareils. Elles privilégient de nouveaux modes de facturation (à l’heure, au cycle de vol), tels que les proposent déjà les hélicoptéristes ou les motoristes. La plupart poursuivent également l’externalisation de la maintenance.

En parallèle intervient une montée en gamme rapide sur le confort et les services, aussi bien pour le voyage d’affaires que pour le tourisme premium, impulsée en particulier par les compagnies du Golfe. Elle se traduit par le soin accordé à l’aménagement des cabines, à l’espace passager, aux équipements de divertissement et à la qualité de service – à bord et lors des phases d’embarquement/de débarquement. De plus en plus, les clients recherchent dans le voyage une expérience fluide et homogène, intégrant le vol mais aussi les transferts, voire le séjour. Les compagnies peuvent répondre à cette demande en « packageant » des offres « de bout en bout », éventuellement avec des partenaires issus du tourisme et des loisirs ou de l’hôtellerie.

Enfin, la reconfiguration des réseaux, pour capter les flux croissants à l’Est, constitue un troisième enjeu déterminant. Face à la puissance de feu considérable des compagnies du Golfe, les majors occidentales vont devoir consolider les alliances existantes et envisager de nouveaux partenariats. Une approche par scénarios devrait être privilégiée, en vue de concevoir des stratégies d’alliances robustes, même dans l’hypothèse d’évolutions réglementaires sur les droits de trafic, notamment en Europe.

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