• « Deuxième ». Quand on parle de la Chine en Chine, il faut immédiatement ajouter : « la deuxième économie du monde ». Cet ajout est omniprésent ici, avec quelque fierté on s’en doute. Partout en effet, dans les colloques et les journaux, mais aussi dans la rue, cette taille est manifeste, plus la rapide croissance de cette économie – avec la hausse de son niveau de vie. La Chine est une économie qui est à la fois trés développée et émergente, avec les doubles problèmes que ceci implique.
  • Ralentissement : les chiffres du « ralentissement chinois », tout relatif et qui inquiète les marchés de par le monde, ouvrent ici à des séries d’explications : c’est la correction nécessaire aux excès dans la construction, c’est l’effet de la crise ailleurs, dans une économie qui investit beaucoup (la moitié de son PIB), autrement dit trop, c’est une question statistique, avec 200 millions d’emplois qui ne sont pas suivis au niveau des régions, c’est le passage à une économie « normale » avec plus de demande interne et de services… Et c’est en train de repartir, avec plus de crédits !
  • Corruption : le 18ème Comité central du Parti communiste chinois vient de se réunir avec, au bout de trois jours à huis clos, des décisions pour réduire les « abus de pouvoir ». L’idée est de renforcer le rôle de la loi avec des décisions plus transparentes et des juges plus indépendants. Depuis des mois en effet, on ne compte plus les changements à la tête de la hiérarchie du pays, certains affairistes étant condamnés à « mort avec deux ans de sursis », le temps de faire amende honorable pour passer ensuite en prison le reste de leur existence.
  • Achat : lors d’un colloque de Private equity, il apparaît que faire des affaires en Chine est complexe et requiert des aides et des experts, mais que les choses se passent de plus en plus dans l’autres sens : ce sont des entreprises chinoises qui vont faire leurs emplettes en Europe et en France, et qui ont elles-aussi besoin d’experts. En fait, pour les grandes entreprises et PME/ETI, mais aussi pour des activités trés spécialisées (en matière de gastronomie, luxe…) la Chine est un évident supplément de croissance. Et les choses peuvent fonctionner différemment : une entreprise chinoise peut ainsi entrer comme minoritaire dans une PME française et lui ouvrir le marché chinois par l’intermédiaire d’une filiale en Chine même, filiale qu’ils créeront ensemble. C’est cette voie qui a toute chance de beaucoup se développer.
  • Marques mondiales : nous vivons le temps des marques mondiales. Jusqu’à peu la Chine n’en avait pas et regardait celles des autres avec envie. Mais maintenant, avec Alibaba (le e-bay chinois qui se fait coter à New-York et dépasse, avec 241 milliards de dollars les 210 de Facebook… et les Chinois assurent qu’il aurait obtenu plus ici !), Lenovo (électronique), Haier (équipement de maison) et Tsingtao bien sûr, les Chinois se disent que cette époque est finie et qu’ils vont développer les leurs !
  • Electronique : la semaine dernière à Pékin Tom Cook, le patron d’Apple, a rencontré le vice-premier ministre Ma Kai sur des questions de sécurité liées au stockage de données dans le cloud. Comme la Chine est, selon les officiels, la première victime des cyber-attaques, les questions de protection ont dû être importantes… Et la semaine dernière aussi Mark Zuckerberg était pékinois, parlant mandarin (une langue qu’il étudie), sachant que son épouse est américano-chinoise… Comme quoi les États-Unis cherchent peut-être, eux aussi, un supplément de croissance. Qui sait ?
  • Pollution : c’est en train de devenir le premier problème du pays, ce qui conduit et conduira évidemment à chercher de nouvelles solutions en matière de produits, de voitures, de communications, de villes, de recyclage… Bref autant de nouveaux marchés à exploiter !

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