Après les vœux et les craintes qui escortent les années nouvelles, faisons deux listes : celle des mauvaises et des bonnes nouvelles possibles. Chaque fois deux voies s’ouvrent et chacun peut faire ses choix. Vient alors la série des pires et celle des meilleurs, plus toute combinaison. Votre jeu est très ouvert – même si les marchés financiers sont plutôt optimistes.

  • Pétrole : le baril finit l’année à 40 dollars / 90 dollars C’est l’horreur / c’est le bonheur. L’Arabie saoudite se dévoile et en veut surtout au gaz de schiste. Les Etats-Unis ne sont pas contents, mais que faire avec leur pétrole cher et leur fracking polluant ?
  • USA : Janet Yellen réussit / rate sa hausse de taux courts. Sa patience a assez duré. Cette croissance non inflationniste de plein emploi est une première dans l’histoire du monde. Elle ne peut se poursuivre qu’avec une normalisation des taux d’intérêt. Mais les marchés financiers auraient aimé plus de patience encore : on ne les refait pas ! Elle explique et réussit, ou pas.
  • USA : le Sénat laisse / bloque le déficit public en décembre 2015. Barak Obama s’apprête à une (belle) vie de conférencier et, à quelques mois, le Congrès lui mène une vie plus dure. Barak se montre alors ferme, se disant qu’il a sorti le pays de la crise et que l’obstination des Républicains devrait lui être favorable, à sa carrière et à Hillary. Il réussit son coup, ou non.
  • Chine : la Chine croît à 6,5 % / 6 %. Le Comité central du Parti vient de décider que la croissance chinoise serait de 6,5% en 2015, allant vers 6 % en 2016. On sait que la Chine, premier pays du monde, met seulement deux mois à calculer son PIB, chiffre qu’elle ne révise pas. Le message est clair : la récession (au standard chinois bien sûr) est proche. Sauf si le dollar monte tellement que la croissance chinoise est sauvée !
  • Zone euro : Mario Draghi réussit / rate son QE. Il avait dit qu’il achèterait pour 1 000 milliards d’euros de « papiers publics et privés ». Il s’agissait de marquer les esprits et de faire baisser l’euro. Mais quand il s’agit de passer à l’acte, il découvre que ceci implique d’acheter 5 % de la dette française et italienne – passe encore, et 15 % de la dette grecque. Il doit refaire ses calculs et n’est pas content. Sauf si les socialistes grecs, nouvellement élus, reconnaissent qu’il leur faut mettre de l’eau dans leur vin…
  • Juncker va-t-il se faire comprendre ? Ou non ? C’est à souhaiter qu’il soit entendu – bien sûr ! Juncker inaugure pour 2015 une nouvelle forme de politique économique : l’association privé-public, taille européenne. La région Europe regorge d’idées et de ressources financières, mais elles ne se rencontrent pas. D’où ce plan : des fonds publics, certes peu importants, sont apportés, mais avec un appel fait aux Etats d’en ajouter (c’est l’apport le plus risqué), afin d’attirer d’autres ressources d’un côté et tous les innovateurs de l’autre. Mais voilà : Bruxelles lambine et freine, les pays européens envoient des projets assez moyens qu’ils ne peuvent financer eux-mêmes, et l’on en vient à regretter « les grands travaux » !
  • François va-t-il se rapprocher plus d’Angela ? Ou s’en éloigner ? Le rapprochement est à souhaiter ! C’est toute l’idée du rapport Enderlein- Pisani-Ferry. Les réformes marchent d’autant mieux qu’on les fait ensemble, notamment en matière d’emploi, en France plus qu’en Allemagne et en matière d’investissement, en Allemagne plus qu’en France. Mais les (bons) esprits sont dubitatifs, ici et là-bas, et 2015 est proche de 2017.

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