En collaboration avec Gabriel Bardinet, senior manager Capital humain, responsable de l’Observatoire de la Rétribution.

La gestion des talents est de plus en plus perçue comme un enjeu stratégique. Pour autant, la fonction ressources humaines n’est pas privilégiée en termes de rémunérations. Au contraire, comme en témoigne notre dernière étude sur le sujet, celles-ci sont plutôt inférieures à celles du marché général, que ce soit chez les cadres ou les non-cadres.

Deloitte Observatoire de la Rétribution ERI Fonctions RH 1

Le cas du recrutement est parlant : alors que la guerre des talents est déclarée, les données que nous avons collectées auprès de 350 entreprises montrent que cette fonction est la moins valorisée au sein des ressources humaines. Ainsi, les rémunérations des cadres du recrutement sont 5 à 11 % inférieures à celles pratiquées au niveau de l’ensemble de la famille de métiers RH.

Deloitte Observatoire de la Rétribution ERI Fonctions RH 2

Les jeunes diplômés de la fonction RH sont  dans les dernières positions, tant en salaire de base qu’en rémunération totale. Comment expliquer ce décrochage ? Le fait que ces métiers soient perçus (à tort) comme éloignés des problématiques business et de la création de valeur est une piste d’explication. Il est alors plus compliqué de créer des packages basés sur la performance et l’atteinte d’objectifs – c’est en tous cas plus difficilement quantifiable que pour d’autres départements, comme le marketing ou la finance.

Les métiers d’expertise sont mieux valorisés

Deloitte Observatoire de la Rétribution ERI Fonctions RH 3

En analysant dans le détail les pratiques, il ressort que ce sont les métiers d’expertise qui sont les mieux valorisés. On observe en effet que certains profils, comme les spécialistes en rémunération, sont très recherchés : par conséquent les salaires se veulent plus attractifs. Par ailleurs, l’administration et la paie sont en tête des occupations les mieux rémunérées : cela s’explique par une ancienneté et une moyenne d’âge plus élevées.

Une part variable inférieure au marché général

Bonus, commissions et primes exceptionnelles peuvent représenter une part importante de la rémunération. Cependant, cette pratique est peu marquée dans la famille RH. Si près de six cadres sur dix ont bénéficié d’une rémunération variable individuelle en 2014, elle est de 15 à 25 points inférieure à celle du marché général, à même niveau de responsabilité. Ainsi, la part variable individuelle représente en moyenne 5 % du salaire de base pour les cadres RH de 1er niveau et plus de 15 % pour les cadres supérieurs.

Deloitte Observatoire de la Rétribution ERI Fonctions RH 4

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à télécharger notre étude sur les rémunérations dans la fonction Ressources Humaines. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter.