Lorsqu’on les interroge sur le contexte et les perspectives européennes, la majorité des directeurs financiers français reste prudente : plutôt que de pencher pour l’optimisme ou le pessimisme, c’est la réponse « neutre » qui l’emporte. Les CFO soulignent aussi un fort niveau d’incertitude économique et financière, à leur sens plus élevé que l’an dernier. Cependant, cela ne les empêche pas de se montrer confiants vis-à-vis de leur propre entreprise, puisqu’ils anticipent une évolution positive de leur chiffre d’affaires et de leur marge opérationnelle.

Ce que l’on pourrait prendre pour une contradiction n’est certainement que le produit de la longue période de transition que nous traversons. Alors que tous les acteurs guettent les signes de la reprise, il est toujours difficile de se prononcer (les économistes ne sont d’ailleurs pas tous du même avis !). D’autant plus qu’un flou persiste sur de nombreux éléments de contexte.

Après l’optimisme, l’incertitude

Il y a un an, nous observions un regain d’optimisme chez les directeurs financiers, mais les voilà aujourd’hui plus réservés. Selon eux, l’incertitude économique européenne (75 %), les politiques fiscales et sociales en Europe (52 %) et le cours de l’euro (34 %) risquent de peser sur la performance de leur entreprise – bien plus que l’évolution du cours des matières premières (23 %), la croissance des pays émergents (20 %) ou l’instabilité des marchés financiers (14 %). Il est vrai que les événements de ces derniers mois – variations de la devise européenne, relations tendues avec la Russie, suites de la crise grecque, résultats d’élections nationales révélant la défiance des populations vis-à-vis de l’Union européenne, etc. – peuvent expliquer ces appréhensions.

Malgré les doutes, la confiance dans l’entreprise

Les directeurs financiers ne voient pourtant pas l’avenir de leur entreprise d’un mauvais œil, puisqu’ils sont 76 % à prévoir une stabilité ou une amélioration de leur marge opérationnelle, et 86 % à envisager une stabilité ou une augmentation de leur chiffre d’affaires. Et c’est surtout dans les PME et les ETI, plus que dans les grands groupes, que les CFO font preuve d’optimisme. Cette confiance n’est pas sans fondements, puisque la baisse conjuguée du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêts offre des perspectives intéressantes, sans oublier les mesures en faveur de l’investissement (incitation fiscale, plan Juncker). Mais ces conditions ne garantissent pas la reprise, c’est donc une forme de principe de précaution qui domine.

Une ligne de conduite : prospérer avec prudence

Pour prospérer dans ce contexte flottant, la diminution des coûts revient en tête des priorités des entreprises, talonnée par la croissance organique et l’introduction de nouveaux produits / services. Le développement du capital humain est quant à lui de plus en plus perçu comme une priorité stratégique, et la formation devient un avantage compétitif. La dynamique d’investissements est stable, avec 56 % de directeurs financiers prévoyant d’investir autant qu’il y a six mois, voire plus (26 % des répondants), principalement pour augmenter la capacité de production de l’entreprise ou pour moderniser l’appareil productif.

Pour en savoir plus sur l’opinion des directeurs financiers, vous pouvez consulter l’intégralité du baromètre ou comparer les résultats au niveau européen.