• Hypnose La situation mondiale est celle d’une grave montée des tensions au Moyen Orient, en Irak, Iran, Afghanistan, Ukraine… Normalement, les bourses devraient baisser et les marchés se ruer vers les endroits jugés les plus sûrs. L’obligation publique à dix ans américaine et le dollar montent alors, comme le Franc suisse, sans compter l’or. Mais aujourd’hui le dollar ne bouge pas, l’or remonte doucement, la bourse va bien… Les regards des marchés vont ailleurs. Mais où ? Ils sont en fait hypnotisés par Janet Yellen, en charge de la Fed. Elle va maintenir ses taux bas aussi longtemps qu’il faut pour que les chômeurs américains de longue durée retrouvent un travail. Pendant ce temps, avec des taux longs trop bas, les salaires (de ceux qui ont un emploi) montent, comme les prix des maisons, et toutes les entreprises s’endettent allègrement. On a beau dire que la politique monétaire n’est pas en charge du chômage de longue durée, personne n’écoute. Les bulles montent, les tensions militaires augmentent. Hypnose.
  • Jeu des 28 Ce jeu se joue entre pays européens qui doivent chacun nommer un candidat pour le poste de commissaire européen, sachant que les « gros pays » veulent les « gros postes » et ont la possibilité de s’opposer à des nominations d’autres pays pour certains postes et que tout le monde doit faire semblant d’avoir gagné à la fin. On s’en doute, le jeu des 28 n’est pas celui des 7 familles…
  • Jeu de flèches Monsieur Abe, Premier ministre japonais, joue aux trois flèches. Selon une histoire japonaise, une flèche peut toujours être cassée, mais pas trois jointives. Donc M. Abe envoie trois flèches, une pour faire baisser le Yen, une pour faire repartir la croissance, une pour flexibiliser l’économie. Mais comme la réaction n’est pas assez rapide, on nous explique qu’il s’agit là d’une métaphore et qu’il faut comprendre qu’il s’agit en fait de plusieurs flèches, chacune ayant un de ces trois buts. Sous une telle pluie, il devrait être difficile de rater.
  • Jeu de cartes Ce jeu se joue en France à partir des régions, sachant qu’il faut en réduire le nombre pour diminuer officiellement les dépenses publiques, sachant que les régions doivent être contiguës et non dépecées et qu’il s’agit surtout de ne pas faire trop perdre de régions à la majorité actuelle lors d’élections futures.
  • Strip-tease Pour réduire les risques d’enrichissement personnel de nos élus, nous savons à peu près combien ils gagnent, eux et leurs proches. Ce jeu dit en français « de transparence » insiste sur les salaires, surtout ceux venant d’un cumul avec un emploi privé. La comparaison ne retient pas qu’un fonctionnaire élu ayant moins de risque à faire de la politique qu’un autre venant du privé, car il retrouve son poste s’il n’est pas réélu, est aussi une source d’inégalité.
  • Boneto Il s’agit d’attirer le regard pour faire disparaître une pièce de monnaie ou un objet. En l’espèce, en attirant le regard sur les rémunérations des dentistes et des huissiers de justice, on oublie la montée de la dépense publique, qui est sans doute supérieure (allez savoir !).
  • Slim Fast Ce jeu consiste à réduire très vite des excès de « poids » (de déficit budgétaire). En Europe, on peut ainsi faire remarquer que certaines dépenses publiques s’expliquent par le rôle que l’Etat français joue, lui mais pas d’autres, au service de la communauté européenne. Par exemple l’Autriche dépense pour son Opéra, mais moins pour son armée, étant neutre. Elle est donc protégée par d’autres et leurs dépenses militaires (pas de noms). Le surpoids (déficit budgétaire) du protecteur doit donc être rapidement revu à la baisse !

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