1 – Avec l’Ukraine, la Russie joue un jeu d’usure

L’Ukraine est financièrement en grande difficulté et les aides promises par l’Europe et surtout le FMI ne pourront (techniquement) qu’être « conditionnelles ». Mais « conditionnelles » à quoi ? On n’imagine pas comment ceci aura lieu. En attendant, la Russie fait pression sur les autorités, menace d’augmenter le prix du gaz et demande à être réglée. L’idée est peut-être de faire que le pays soit vu comme ingouvernable. Alors, l’Europe ne pourra guère que s’engager financièrement plus, sachant que les Etats-Unis manifestent une confiance limitée dans les accords qu’ils viennent eux-mêmes de signer.

2 – Aux Etats-Unis, Janet Yellen joue la diversion

Il y a quelque temps, Janet Yellen, la Présidente de la Fed, avait inquiété les marchés financiers en leur faisant entendre que la hausse des taux pourrait avoir lieu en début 2015. « A considerable period of time » pouvait dire 6 mois, selon elle. Depuis, elle rétropédale avec un nouveau thème : la remise dans le marché du travail des travailleurs découragés, ceci afin d’augmenter la population active et donc la croissance potentielle. Les marchés financiers ont compris le message et attendent une augmentation en début 2016 ! En plus, avec les tensions d’Ukraine, l’effet safe haven rejoueen faveur des Etats-Unis et les taux longs ont davantage baissé.

3 – La Chine joue avec les nombres

On sait que la Chine publie en général en février les chiffres de croissance de l’année précédente, et ne les révise pas. Pour le premier trimestre 2014, elle indique une croissance de 7,4 % sur un an, ce qui est le signe officiel d’une décélération. Les autorités veulent envoyer le message que le ralentissement se produit, mais sous contrôle. Or on sait bien que les rouages économiques sont beaucoup moins souples dans des économies émergentes que dans les économies industrialisées, d’autant que le pourcentage de prêts non performants en Chine est l‘inconnue majeure de tout ce processus.

4 – La zone euro joue au chat et à la souris avec les mesures non conventionnelles

Mario Draghi, puis Benoît Coeuré, avancent peu à peu dans leur action pour soutenir l’activité économique, éviter la trappe déflationniste et soutenir la reprise du crédit bancaire. Les actifs financiers qui seraient achetés par la BCE sont plus clairement décrits : il s’agit d’actifs longs pour faire baisser la prime de terme (et éviter ainsi toute remontée des taux réels, du fait de la baisse de l’inflation au sud). Ces actifs seront achetés dans plusieurs pays. Pour l’heure, leur nature n’est pas précisée. On parle toujours de bons d’état, mais en insistant sur les effets que la baisse de la prime de terme ainsi obtenue aurait sur les autres actifs, autrement dit sur les crédits privés. Est-ce à dire que la BCE n’est pas encore prête à refinancer directement des crédits bancaires à des conditions favorables ? Ce serait dommage, d’autant que le temps presse. Les élections européennes, c’est pour bientôt.

5 – La France surfe sur la vague Valls

En quelques jours, le nouveau Premier ministre, Manuel Valls, a fait des annonces fortes et en rupture pour réduire la dépense publique et soutenir l’activité privée. On s’en doute, les réactions ont été nombreuses, certains disant qu’il en faisait trop, d’autres pas assez. N’empêche que des chiffres ont été avancés : économie de dépenses publiques fixées à 50 milliards, nombre de régions fixé à 8, réduction du déficit budgétaire maintenue à la date prévue…Regardons les manifestations annoncées. Mais la vitesse d’action de Manuel Valls et la cohérence de son programme sont des atouts, sachant qu’il bénéficie d’une amélioration de la situation de la zone euro. Bien sûr, il faudra aller plus loin que ces économies chiffrées en leur donnant la cohérence d’une reformulation des fonctions régaliennes et d’une refonte de certains processus. Mais c’est un début… apprécié par les marchés financiers.

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