Billet porté par Mathieu Hestin, en collaboration avec Alexis Lemeillet, consultant BIO by Deloitte, Sustainability Services.

Comment accélérer la mise en place de l’économie circulaire à l’échelle du Grand Paris ? Outre une vingtaine de collectivités impliquées, des acteurs économiques, académiques, associatifs et de la société civile se sont réunis pour répondre à cette question au cours des Etats Généraux de l’économie circulaire. L’initiative, démarrée le 11 mars dernier, vient de se conclure le 16 septembre avec la présentation du livre blanc de l’économie circulaire. Concrètement, que peuvent tirer les entreprises de cet exercice ?

Les États Généraux de l’économie circulaire du Grand Paris sont un exemple réussi d’implication partenariale de tous les acteurs d’un territoire. D’avril à juillet 2015, 240 organisations (incluant des dizaines d’entreprises) ont participé aux huit groupes de travail thématiques, dont les contributions ont nourri le livre blanc réalisé par Bio by Deloitte en partenariat avec Auxilia et Sofies.

65 propositions d’action ont découlé de leurs travaux, parmi lesquelles la création d’une pépinière d’entreprises facilitant les démarches d’écoconception ; la prévention et la valorisation des biodéchets de la restauration collective ; une réduction de l’usage des emballages jetables ; la requalification de zones d’activités en déclin en intégrant comme principe de base l’écologie industrielle et territoriale ; etc.

Un premier niveau de lecture, pour les entreprises, consiste naturellement à dériver de ces propositions d’action des perspectives d’affaires. De façon plus pérenne, elles peuvent aussi se nourrir de l’état d’esprit de cette démarche, et s’ouvrir à toutes leurs parties prenantes. Projet de territoire par excellence, l’économie circulaire représente une opportunité offerte aux entreprises d’entrer en relation avec de multiples partenaires et, au travers d’un exercice d’intelligence collective, de s’impliquer pour une gestion durable des ressources dans un cadre qui reste économique.

Un contexte politique et réglementaire favorable à la transition des modèles d’affaires

Le Grand Paris fait partie des territoires pionniers en matière d’économie circulaire, tandis que tous les voyants passent au vert à l’échelon national et international. Ainsi, la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte fait la part belle à l’économie circulaire. Le Titre IV de la loi ambitionne en effet de « lutter contre les gaspillages et promouvoir l’économie circulaire ».

La conférence de Paris sur le climat, en décembre 2015, est une autre fenêtre de tir pour la mise en œuvre de l’économie circulaire. Les liens entre son déploiement et l’atténuation du réchauffement climatique sont encore largement à expliciter, mais nous préparons à ce sujet une première quantification des émissions de gaz à effet de serre évitées en Europe, grâce à la mise en œuvre de l’économie circulaire. Cette étude interne sera publiée d’ici début décembre, et illustrera les bénéfices potentiels dans quatre secteurs : construction, agro-alimentaire, automobile et équipements électriques et électroniques.

En un mot de conclusion, le moment est plus que jamais favorable aux entreprises pour la transition vers un modèle d’affaires répondant aux principes de l’économie circulaire : la main des acteurs publics est tendue, elles n’ont plus qu’à la saisir !

Si cet enjeu vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter.