Aux Etats-Unis, le rétroviseur ne suffit plus. Les caméras de recul seront bientôt à bord de tous les véhicules vendus sur le territoire américain. La National Highway Traffic Safety Administration a en effet annoncé que cet équipement sera obligatoire dès 2018, afin de réduire le nombre d’accidents en marche arrière. Une réglementation qui va généraliser les écrans dans les automobiles, soutenant par ce biais le déploiement des voitures connectées dans le monde entier.

A compter du 1er mai 2018, tous les véhicules vendus aux Etats-Unis et pesant moins de 10 tonnes devront être équipés d’une caméra de recul, pour permettre aux conducteurs de voir ce qui se passe à l’arrière de leur voiture. Ce type d’équipement, jusqu’ici uniquement présent sur les automobiles haut de gamme, va se généraliser à l’ensemble de la production automobile américaine

L’objectif annoncé par l’agence gouvernementale américaine est la réduction des accidents en marche arrière. Selon les chiffres officiels, plus de 200 personnes seraient tuées chaque année et 15 000 blessées dans ce type d’accidents. Mais qui dit caméra de recul dit d’abord écran sur le tableau de bord. Il ne fait donc aucun doute que les conséquences d’une telle réglementation dépassent les enjeux sécuritaires et vont catalyser la diffusion des voitures connectées. Ces mesures permettront d’atteindre un step majeur dans ce que nous appelons la trinité de la voiture connectée, à savoir la rencontre entre les industries automobiles, l’informatique et les télécoms.

Connected Vehicles Trinity Matrix - Source Deloitte
Connected Vehicles Trinity Matrix – Source Deloitte

Nous estimons que ces dispositions auront des implications au-delà même du marché nord-américain. Si, dans un premier temps, la présence généralisée d’écrans de bord constituera un formidable cheval de Troie pour tous les Android Auto et CarPlay de la planète, elle aura aussi pour conséquence de faire drastiquement baisser le coût de revient des écrans tactiles en facilitant par là-même la généralisation à l’échelle mondiale.

Après la Chine, les Etats-Unis demeurent second sur le podium de la production automobile. En 2013, les constructeurs américains ont produit 11 millions de véhicules sur 87 millions, et en ont exporté 2 millions. A horizon 2018, le marché américain devrait conserver un poids considérable dans la production mondiale et permettre une diffusion facilitée des écrans à l’intérieur des véhicules.

Pour les constructeurs, la course a démarré

Compte tenu du poids de cet acteur sur le marché mondial, cette évolution ne va pas se cantonner aux USA : elle a sonné le top départ de la course à la production des voitures connectées dans le monde.

L’Union européenne légifère aussi sur ces sujets et d’autres projets vont favoriser l’avènement du véhicule connecté. Les députés européens ont ainsi approuvé il y a quelques mois le déploiement progressif du système d’appel d’urgence eCall. Ce dispositif se charge d’alerter automatiquement les services de secours en cas d’accident, en précisant la localisation exacte du véhicule. Pour que la mise en place du système soit possible, la Commission européenne a demandé à plusieurs acteurs de définir des standards permettant aux véhicules connectés de fonctionner dans un environnement normalisé.

Il est clair que pour toutes les transformations relatives aux voitures connectées, l’homogénéisation des standards va être une problématique majeure. De même que la multiplicité des parties prenantes – constructeurs, équipementiers, géants du web, acteurs impliqués dans la gestion des infrastructures… Mais il ne faudra pas tergiverser trop longtemps face à un marché évalué à 50 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Ces mesures qui peuvent sembler anecdotiques au premier abord sont synonymes d’un grand bouleversement pour l’industrie automobile. Il ne s’agira pas seulement de moderniser les voitures existantes mais de repenser le secteur autour de ces nouvelles technologies. La conjonction de différents éléments dans plusieurs zones géographiques signifie que la transition va se faire beaucoup plus rapidement que prévu, et l’on peut se montrer tout à fait réaliste en affirmant que la quasi-totalité des automobiles produites seront bel et bien connectées en 2020.

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