• Les Français sont très connectés. 77 % d’entre nous avions un ordinateur en 2013, 75 % une connexion à Internet, 89 % un portable (et 91 % un fixe) selon l’Insee.
  • Les seniors s’y mettent ! 30 % des plus de 75 ans ont un ordinateur, soit un peu moins de la moitié de l’ensemble (77 %) alors qu’ils étaient moins de 10 % en 2004, pour une moyenne de plus de 55 % à l’époque. L’explication est double : les plus de 70 ans d’aujourd’hui sont les moins de 70 ans d’hier et les usages demeurent – ce qui est bien, et surtout – ce qui est mieux encore, il y a de plus en plus de nouveaux adeptes. Les 60-74 ans étaient équipés à 20 % en 2004 et le sont à 70 % désormais.
  • Le portable est le compagnon de tous : pour 89 % des ménages français en 2013, 99 % des ménages avec enfant(s) et 77 % des personnes seules. C’est le support du contact généralisé, celui qui va porter les nouveaux produits, avec leurs applications et les liens big data qui vont avec.
  • L’ordinateur se développe au détriment des autres produits, qu’il « intègre ». Si la télévision (couleur) reste largement présente, en revanche le DVD et le magnétoscope ne cessent de baisser chez les jeunes (16-29 ans), passant d’un taux d’équipement de 90 % en 2009 à 70 % en 2014. En fait, les jeunes s’équipent d’un portable (et bientôt d’une tablette) qui leur sert aussi de télévision, avec l’utilisation croissante de la TV on demand pour voir des films, sans compter YouTube.
  • Cette France branchée est la base de nouvelles consommations. D’abord la comparaison des prix se développe, non seulement pour connaître les meilleurs rapports qualité/prix, mais aussi pour discuter avec les vendeurs, les prêteurs, les loueurs… Le « balayage des prix » qui est la base de la théorie néo-classique du consommateur rationnel et qui était jugé quasi impossible, ou en tout cas long et coûteux, devient d’usage commun, quasi immédiat et gratuit.
  • Ensuite cette France branchée qui sait de mieux en mieux où sont les produits et les services qui lui conviennent, peut les commander en direct. C’est donc un processus massif de désintermédiation qui s’étend. Le magasin devient plus showroom, le stock est ailleurs, dans de grands centres logistiques. Il s’agit alors de transporter et c’est là que se développent de nouvelles activités… en attendant les drones. Le taxi est contesté par Uber (et autres). Le coût d’entrée monétaire, qui était la « plaque », voit sa valeur réduite et le coût d’entrée technique, qui était le permis, voit également sa valeur réduite (sinon très réduite) par les systèmes de pilotage par ordinateur (système Uber ou Waze par exemple : « le meilleur itinéraire, chaque jour, avec l’aide des autres conducteurs » si l’on en croit sa publicité).
  • Cette économie de l’information est la base de l’économie du partage, de la sharing economy. Je n’ai pas besoin d’une automobile, mais en fait d’un siège pour aller de Paris à Lyon : on partagera l’essence. Je suis un utilisateur régulier du train pour mon travail : je fais du covoiturage. C’est moins cher, on discutera. Et je puis aussi louer des appartements ou des chambres pour visiter les villes, sans aller à l’hôtel. Ce phénomène devient massif dans les capitales et les grandes villes, au point d’inquiéter les hôteliers, les assureurs… et les impôts. On verra bien, mais quand la France se branche de plus en plus, les anciennes… branches doivent changer.

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