Le mouvement de digitalisation de la société, qui continue de gagner en ampleur, engendre une prolifération active des données au sein des organisations. La déferlante n’est donc pas prête de s’arrêter. Dans ce contexte, les entreprises doivent (re)définir une gouvernance appropriée, autour de trois enjeux : la gestion, la préservation et la valorisation des données.   

Les réflexions autour de la gouvernance des données n’en sont pas à leurs débuts et le sujet devient de plus en plus critique pour les organisations. Comment l’aborder ? La mise en œuvre d’une gouvernance dédiée est complexe, d’autant qu’elle recouvre de multiples facettes et englobe les questions de stratégie, d’organisation, de responsabilité, de communication et de formation interne, de marketing, de politique d’innovation, sans oublier les aspects réglementaires… Ainsi, les initiatives de gouvernance des données ne relèvent pas uniquement du système d’information, mais justifient une considération à très haut niveau au sein des organisations.

Définir un cadre et quelques règles d’usage indispensables

Les données sont partout, à l’intérieur mais aussi de plus en plus à l’extérieur de l’entreprise, dispersées entre les collaborateurs, chez les partenaires, prestataires, clients… Il est donc indispensable de définir de manière proactive un cadre et des règles d’usage, plutôt que de « subir » cet éparpillement.

Il s’agit dans un premier temps d’identifier le patrimoine de l’entreprise en termes de données, y compris « cachées » (et qu’une gouvernance adaptée permettrait de révéler). Puis, en cohérence avec les contraintes, les objectifs de l’organisation, les usages internes et externes, il convient de définir un mode de consommation des données fondé sur des définitions ainsi que des règles d’usage connues et partagées.

Cependant, la mise en place d’un cadre ne doit pas assujettir les usages : l’objectif est de favoriser l’autonomie des utilisateurs métiers dans la consommation des données, et d’encourager une collaboration active autour de celles-ci.

La mise en place d’un cadre de gouvernance vise donc à favoriser l’usage de données qualifiées et le partage de définitions communes.

Anticiper les besoins

La valeur des données dépend totalement de l’usage qui en est fait. L’élaboration de la gouvernance passe donc par un intérêt fort pour celui-ci – non seulement aujourd’hui, mais aussi à l’avenir.

En effet, les entreprises doivent être en mesure de capter, de conserver et de préserver des données dont elles n’ont pas toujours l’utilité immédiate, mais qui pourraient jouer un rôle dans le futur. Mais face à la déferlante, il convient de trouver un juste équilibre entre « l’infobésité » (la surcharge informationnelle) et l’effort porté sur la gestion et la préservation des données « utiles ». Cet arbitrage n’est pas toujours facile lorsque l’on considère l’accélération de nouveaux modèles économiques liés à la monétisation et ce qu’ils engendrent comme incertitudes sur les futurs besoins.

Les organisations doivent également appréhender la demande d’information croissante de leurs clients sur la conservation et l’usage des données qui les concernent. Dès lors, la confiance dans l’organisation est primordiale. Au-delà des contraintes réglementaires, les clients expriment leur préoccupation sur l’utilisation de leurs informations : on observe d’ailleurs que cette inquiétude augmente chez les particuliers avec le traitement médiatique du Big Data et des objets connectés.

De manière générale, aussi bien en BtoB qu’en BtoC, les clients posent de plus en plus de questions concrètes et veulent savoir où elles sont stockées, comment sont-elles traitées, à quelle fin, etc. La gouvernance des données permet de poser les fondements d’une exploitation conforme et sécurisée de celles-ci.

Différents modèles de gouvernance coexistent

A ce stade, de nombreuses organisations s’interrogent : faut-il créer un poste de Chief Data Officer ? Où le positionner dans l’entreprise ? En réalité, ces questions doivent être posées dans un second temps, car il faut d’abord définir un modèle de gouvernance des données approprié.

En matière d’organisation de la gouvernance des données, trois tendances se dégagent, et l’adoption de l’une ou l’autre dépend du modèle business de l’entreprise et de la manière dont le groupe est structuré (filiales, entités, métiers…).

Le modèle d’organisation distribué implique une responsabilisation des métiers sur leurs données locales et s’avère particulièrement adapté à la gestion des spécificités propres (des filiales ou entités). Le modèle d’organisation centralisé vise à lutter contre l’hétérogénéité des données et à favoriser un cadre de cohérence homogène. Enfin, le modèle fédéré est un intermédiaire intéressant : la gouvernance des données s’établit à double niveau pour offrir plus de souplesse, encourageant ainsi l’innovation en local, tout en apportant une approche centralisée sur les processus pour davantage de cadrage et de maîtrise.

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