Malgré le contexte économique morose, les mises des Français dans les jeux de hasard et d’argent ont progressé ces dernières années. Pourtant, les casinos sont sur la mauvaise pente.

Depuis 2007, le produit brut des jeux – c’est-à-dire les sommes gagnées par le casino ou perdues par les joueurs, selon le point de vue duquel on se place – est en diminution. Ce dernier est passé de 2,9 milliards d’euros en 2007 à 2,3 milliards en 2012. Assiste-t-on à une baisse d’activité liée à la crise ? De par leur implantation en zones touristiques et balnéaires, les casinos subissent l’aléa conjoncturel, mais d’autres facteurs sont à prendre en compte (généralisation des contrôles aux entrées, interdiction de fumer, etc.).

Une image anti-éthique, source de désaffection de la clientèle ?

Pour beaucoup d’entre nous, les casinos symbolisent pratiques illicites, immoralité et gains faramineux. Associés au grand luxe, ils sont parallèlement accusés de dépouiller une clientèle aux ressources financières modestes. Employés, ouvriers, retraités ou chômeurs représentent 57 % des joueurs.

Jouant le rôle de garde-fou, la législation française à l’égard de cette activité est historiquement stricte. Sous la monarchie, les arrêtés successifs visaient principalement à marginaliser, voire à supprimer les casinos. Depuis la loi du 15 juin 1907 l’implantation des cercles de jeux et casinos est autorisée dans les stations balnéaires, thermales ou climatiques. Une autre étape est franchie en 1988 avec l’amendement Chaban-Delmas, qui permet aux agglomérations touristiques de plus de 500 000 habitants d’en accueillir.

Des contrôles de plus en plus rigoureux

En plus de ces restrictions géographiques, les casinos doivent montrer patte blanche : contrôle d’identité aux entrées, vérification que le joueur ne figure pas sur la liste des interdits de jeux, enquêtes du ministère de l’Intérieur sur certains recrutements de personnel, consigne sur un registre de tous les mouvements de change et de tous les gains supérieurs à 2 000 euros, surveillance par le ministère des Finances, les procureurs, les douanes… Il existe même une division dédiée à la surveillance générale des casinos au sein de la police nationale, qui assure une présence permanente sur place.

Cependant, toutes ces mesures ne suffisent pas à redorer l’image d’une activité particulièrement décriée. Alors, comment en relancer l’attractivité ?

Innovation produit et communication sont les cartes maîtresses du marché des jeux

Après 20 ans de croissance constante suite à la libéralisation des machines à sous en 1987, les casinos sont moins attractifs mais ils n’ont pas encore quitté la table de jeu. Pour rester dans la course, il leur faut plus que jamais faire preuve d’innovation face aux monopoles d’Etat et aux jeux en ligne, qui raflent de plus en plus les mises. Face à cette concurrence acharnée, les casinos doivent renouveler leur offre, grâce à de nouveaux produits et concepts de complexes de loisirs intégrés.

L’enjeu est d’autant plus important que les casinos ne sont pas les seuls gagnants du jackpot. Ils rapportent plus d’un milliard d’euros annuel de recettes fiscales à l’Etat et aux communes d’accueil, sans compter leur rôle d’animation et de développement économique local. En effet, les casinos ont une obligation de financement de spectacles et d’animation au niveau régional – des événements majeurs comme le Festival du film américain de Deauville ou les Francofolies de la Rochelle en bénéficient. Par ailleurs, les entreprises de casinos emploient près de 15 000 personnes en France.

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