Encore peu présents dans les conseils d’administration des ETI il y a 10 ans, les administrateurs indépendants ont gagné du terrain. Selon la dernière enquête conduite par APIA*, 48 % des entreprises interrogées, issues de tous secteurs, comptent au moins un administrateur indépendant dans leur conseil d’administration.

La vision à long-terme des dirigeants d’entreprises familiales est un atout déterminant pour assurer la pérennité. Mais cette vision a besoin d’être complétée par une gouvernance moderne et efficace. Les chartes de bonnes pratiques préconisent de faire appel à un administrateur indépendant qui peut apporter ses compétences et un point de vue objectif sur les enjeux de l’organisation au sein de l’entreprise familiale. L’expérience de ce dernier contribue à mettre en place ou à structurer le conseil d’administration, tout en permettant au chef d’entreprise de sortir de sa solitude.

Une fonction qui se répand, mais qui reste globalement peu rémunérée

Les deux tiers des entreprises interrogées par APIA comptent entre 3 et 10 administrateurs dans leur conseil. La tendance devrait se poursuivre, puisque près de 30 % des ETI familiales dépourvues d’administrateur indépendant envisagent d’en recruter au moins un.

A l’heure actuelle, la rémunération de cet apport de « valeur ajoutée » reste faiblement attractive pour une fonction qui exige un niveau élevé de compétence et expose à des risques au regard des obligations légales.

Le fonctionnement des conseils d’administration peut encore s’améliorer

La première responsabilité du conseil d’administration est de valider la stratégie de l’entreprise. Pourtant, lorsqu’on observe les sujets abordés lors des conseils, le premier thème traité est celui des finances. Par ailleurs, les ressources humaines et les risques opérationnels de l’entreprise sont des sujets encore peu examinés, alors que le discours dominant consiste à dire qu’ils sont essentiels à la survie et au développement de l’entreprise familiale. L’administrateur indépendant peut ainsi enrichir les réflexions, notamment en explicitant des interrogations que d’autres membres du conseil, notamment les membres de la famille, expriment plus timidement, telles que « qui sont les hommes / les femmes clefs ? », « comment sont-ils assurés ? », etc.

Comme on l’observe de plus en plus, les entreprises familiales s’ouvrent sur différents aspects : leur capital, leur management, leur conseil d’administration… S’entourer de personnes extérieures à la famille est parfois indispensable pour prendre des décisions importantes. L’administrateur indépendant constitue donc un levier pour sortir d’un fonctionnement autarcique. Il est un tiers de confiance pour accompagner l’entreprise familiale dans les phases clés de son histoire, telle la transmission ou la désignation d’un successeur.

Si les enjeux de gouvernance et d’administration des entreprises familiales vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter.

*« Première radiographie sur l’Etat de la gouvernance dans les Entreprises de Taille Intermédiaire et Patrimoniales en France », enquête conduite par APIA avec ASMEP-ETI et le FBN.