Innovation : le mot est partout. Des pôles dédiés ont fleuri dans les entreprises. La fonction de directeur de l’innovation, apparue il y a une dizaine d’années dans les grands groupes, s’est répandue. Les budgets alloués ont continué d’augmenter malgré la crise. Le phénomène ne procède pas d’un effet de mode, mais de la corrélation entre innovation et croissance. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, en France, ce ne sont pas uniquement les grands groupes qui innovent : les ETI possèdent une forte culture de l’innovation.

  • Oui, les ETI françaises sont innovantes…

Généralement attachées à une activité spécialisée, les ETI ont souvent la particularité de focaliser leur R&D sur une technologie particulière, dans une optique d’exploration, d’amélioration constante et de multiplication de ses applications potentielles. L’un des atouts des entreprises de taille intermédiaire réside dans leur taille : elles sont suffisamment grandes pour avoir une forte capacité d’innovation sans être pénalisées par une structure trop lourde.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les ETI réalisent plus du quart de la dépense privée de R&D et 38 % des investissements de l’ensemble des sociétés françaises. Les plus innovantes d’entre elles se montrent dynamiques sur le plan de la propriété intellectuelle et accordent beaucoup d’importance au dépôt de brevets. Certes, il ne faut pas céder à la tentation d’une généralisation simpliste et hâtive, mais les faits sont là.

  • … et elles concentrent de nombreux espoirs en matière de croissance

Est-il encore utile de le rappeler : l’innovation est clé pour la compétitivité et le renforcement des avantages concurrentiels. Plus que toutes autres, les entreprises innovantes disposent d’un fort potentiel de croissance.

Pour preuve, de nombreux classements régionaux, nationaux et internationaux, tels que le Technology Fast 50 France et le Technology Fast 500, mettent l’accent sur la corrélation entre innovation et croissance. Les champions français de l’édition 2013, comme Ymagis, TalentSoft ou Synox Group, affichent des croissances exceptionnelles sur plusieurs années consécutives.

En juin dernier, l’enquête de Bpifrance sur les trajectoires de croissance des entreprises intermédiaires a identifié 600 ETI disposant d’un très fort potentiel de croissance. De plus, 800 ETI s’apprêtent à faire évoluer significativement leur capital : clairement, les espoirs se tournent vers ces acteurs de notre économie. Au point d’en faire un véritable « projet national ».

  • Une arme de lutte anticrise ?

Malgré le caractère innovant des ETI françaises, des efforts doivent encore être faits pour performer davantage – et surtout, à plus grande échelle. En effet, les observateurs économiques soulignent régulièrement l’écart avec notre voisin allemand et son Mittelstand : la France souffrirait d’un déficit d’ETI. Il s’agit donc de soutenir les existantes mais aussi d’accompagner les PME pour catalyser les changements d’échelle.

A quelque chose malheur est bon : le contexte de croissance ralentie a renforcé la prise de conscience des pouvoirs publics en France et au niveau européen. Les efforts se réorientent vers le soutien à l’innovation avec une attention particulière portée aux entreprises de taille intermédiaire. Le programme européen Horizon 2020 en est une illustration. A l’échelle hexagonale, Bpifrance a présenté son ambition ETI 2020, et affiche son projet de « faire de la croissance des ETI un enjeu d’action stratégique ». La montée en gamme via l’innovation figure dans la top liste des opportunités de la matrice SWOT des ETI, élaborée par la banque publique d’investissement, et constitue un levier essentiel de son plan d’action.

Concrètement, des dispositifs existants se sont renforcés, de nouveaux ont été créés. De nombreuses aides dédiées spécifiquement aux PME et ETI visent à soutenir la collaboration entre les acteurs et le financement de la recherche (aide au partenariat technologique, convention industrielle de formation par la recherche, aide pour la faisabilité de l’innovation), à renforcer les fonds propres des entreprises innovantes (accès aux FCPI avec la qualification « entreprise innovante », fonds d’investissement BPIfrance Capital Innovation) et à transformer les innovations en produits de marché (aide pour le développement de l’innovation, prêt à l’industrialisation des projets de R&D des pôles de compétitivité). Il reste donc à poursuivre les efforts et à faire preuve d’un peu de patience, dans l’attente d’en mesurer prochainement les résultats.

Si les enjeux de croissance des ETI-PME vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter.