Pour les acteurs du secteur biens de consommation positionnés sur le segment luxe, les fusions-acquisitions occupent une place majeure dans les stratégies de croissance. Si le bilan de l’année M&A 2014 s’est révélé moins dynamique que celui de 2013, avec seulement quatre transactions dépassant les 100 millions de dollars, les nombreuses opérations réalisées corroborent plusieurs mouvements de fond que nous soulignons dans notre étude annuelle Global Powers of Luxury Goods 2015.

Ainsi, notre analyse fait ressortir trois tendances principales – expansion horizontale, verticale et un intérêt continu des investisseurs financiers – que nous illustrons par quelques exemples.

L’intégration horizontale pour enrichir et renouveler le portefeuille de marques

Afin d’accroître leur portefeuille de marques et rajeunir leur base de clients, les entreprises du luxe et du premium optent pour l’acquisition ciblée de marques et de créateurs de niche présents dans des catégories de produits à fort potentiel de croissance et à haute valeur ajoutée en terme de prestige et d’image, comme les parfums et les souliers.

Ainsi, le groupe Kering a poursuivi la restructuration de son portefeuille d’activité en acquérant le fabricant de montres suisse Ulysse Nardin en novembre 2014. Autre exemple, Frédérique Malle et Le Labo, deux noms de la parfumerie de niche, qui sont entrés dans le giron d’Estée Lauder. Le groupe catalan Puig a racheté Penhaligon’s London et l’Artisan parfumeur en janvier 2015, deux marques mythiques de parfum, auparavant propriété du fonds d’investissement Fox Paine & Company.

L’intégration verticale persiste et signe

La maîtrise de la chaîne de valeur dans son ensemble reste l’un des piliers de la stratégie des acteurs du luxe. Il s’agit, d’une part, de sécuriser les approvisionnements en ressources et matières premières de qualité et, d’autre part, de consolider la distribution finale. Prada a ainsi renforcé son amont en rachetant la tannerie-mégisserie Hervy en octobre 2014, et Hugo Boss et Pandora leur aval en prenant le contrôle de leur distribution, respectivement en Chine et à Macao pour la marque de mode masculine et au Japon pour le fabricant danois de bijoux.

Les fonds d’investissement font preuve d’un intérêt constant

Attirés par la croissance et la rentabilité du secteur, les investisseurs financiers se montrent toujours aussi friands d’opportunités. Ils s’attachent, dans un contexte de nécessaire mondialisation des marques, à accompagner des entreprises familiales pour leur permettre de passer à un stade de développement supérieur. Le fond d’investissement anglais Change Capital Partners indiquait projeter « des opportunités de croissance intéressantes » avec l’acquisition de la majorité du capital de l’italien Frette, fabricant de linge de maison de luxe, en juillet 2014. Plus récemment, L Capital a procédé à l’acquisition de 50 % du capital de Ba&sh, marque de vêtements féminins positionnée sur le luxe accessible.

Bien que l’année 2014 n’ait pas enregistré de méga transaction, les opérations de plus faible envergure ont tout de même été nombreuses et illustrent des tendances fortes et durables. Par ailleurs, le millésime 2015 semble d’ores et déjà prometteur, puisque plusieurs opérations significatives ont eu lieu au cours du premier semestre, comme l’acquisition par Coach de Stuart Weitzman pour près de 600m$.

Téléchargez l’intégralité de notre étude Global Powers of Luxury Goods 2015 pour en savoir plus sur ce sujet. Si les enjeux des M&A vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter pour en discuter.