En collaboration avec Catherine Gomy, directrice Sustainability et Olivier Jan, associé Sustainability. 

Parce qu’elle concentre les attentes des consommateurs, mais aussi parce que la réglementation se renforce et que les initiatives de la sphère privée et de la société civile se multiplient, la RSE devient une tendance structurante dans la relation fournisseurs.

Si le prix reste l’un des premiers critères d’achat, selon Nielsen, la part de consommateurs européens se déclarant prêts à acheter en priorité des produits d’une entreprise socialement responsable va croissante – 50 % l’an dernier, contre 45 % en 2011.

En France, comme dans la plupart des pays de l’Union Européenne, les conditions de travail et l’impact environnemental figurent parmi les préoccupations fortes qui sont exprimées par les clients. Ils favorisent également les articles locaux, en provenance de leur région ou de leur pays, afin de soutenir l’économie.

Le renforcement de la réglementation vise à améliorer les pratiques

Il existe déjà un cadre réglementaire français et européen imposant différentes contraintes relatives aux produits (obligation de reprise, directive Ecodesign, règlement Reach…) et à la transparence des acteurs sur ces enjeux (article 225 de la loi Grenelle II, information des consommateurs – règlement INCO…).

Au-delà du socle existant, de nouvelles dispositions vont se mettre en place. Ainsi, les prochains enjeux réglementaires en Europe vont porter notamment sur le renforcement de la transparence, puisque le conseil de l’Union européenne a adopté fin septembre la directive relative au reporting extra-financier, touchant environ 6 000 grandes entreprises en Europe.

Par ailleurs, deux livres verts publiés l’an dernier laissent présager de décisions politiques à venir. Le premier, portant sur les pratiques commerciales déloyales, concerne la chaîne d’approvisionnement alimentaire et non alimentaire interentreprises en Europe, avec une attention particulière portée aux fournisseurs alimentaires européens. L’objectif de lutte contre les mauvaises pratiques est énoncé sans ambiguïté. En effet, selon cette communication, 96 % des fournisseurs répondants ont déclaré avoir déjà fait l’objet d’au moins une forme de pratique commerciale déloyale, dénonçant notamment les modifications rétroactives de clauses contractuelles…

Le deuxième livre vert, Single Market for Green Products Initiative, vise à élaborer une méthodologie de calcul de l’empreinte environnementale des produits (PEF) et des organisations (OEF), dans le but d’harmoniser les pratiques entre les différents pays et d’accroître la lisibilité pour les consommateurs.

Par ailleurs la soft law étend son domaine et créé des standards de marché, sans cadre réglementaire : codes de conduites volontaires issus des institutions internationales, initiatives d’ONG, etc.

Dans ce contexte, les distributeurs doivent sans tarder analyser l’impact de l’ensemble de ces dispositions sur leur activité, et notamment sur les négociations commerciales et mettre en place suffisamment en amont des modalités adaptées.

C’est désormais l’ensemble du cycle de vie du produit sur lequel se positionnent le législateur, la société civile et  les consommateurs.

La responsabilité du distributeur s’étend de plus en plus au-delà de ses fournisseurs de rang n-1, ce qui est particulièrement complexe à gérer pour un distributeur au vu du nombre des références produits et des différents intervenants dans la supply chain.

La connaissance fine de la supply chain étendue devient un enjeu de plus en plus prépondérant pour le distributeur pour la maitrise de ses risques d’approvisionnement et de sa réputation.

A l’international, certains distributeurs montrent déjà l’exemple

Plusieurs exemples témoignent que le mouvement est en marche et qu’il s’accélère.

Wal-Mart a mis en place une stratégie de référencement pour évaluer les produits via un index de durabilité. Pour traduire concrètement cette évolution dans la relation fournisseurs, le groupe a fixé des objectifs d’achat à l’horizon 2017 (70 % en valeur auprès des fournisseurs utilisant l’indice) et incite ses acheteurs à respecter cette ambition en intégrant ce paramètre dans leurs objectifs annuels. Le groupe s’est aussi engagé clairement sur certains produits comme l’huile de palme ou la viande de bœuf en provenance du Brésil : ils ne pourront intégrer les filières d’approvisionnement à partir de 2015 que si la durabilité des conditions de production est démontrée, en raison de leur impact possible sur la déforestation.

Concrètement, les initiatives constatées de par le monde portent principalement sur les six axes suivants :

Négociations commerciales : 6 principaux axes observés dans les pratiques

Pour conclure, les éléments clés à considérer dans une démarche d’intégration de la RSE dans les relations distribution / fournisseurs et donc dans les négociations commerciales sont les suivants : élaborer une cartographie des risques et des opportunités, définir une stratégie et des plans d’actions opérationnels par catégorie, déterminer des horizons temporels et mettre en œuvre une communication transparente sur l’implémentation des démarches.

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