1 – Pendant combien de temps va tenir la tension mondiale, en Ukraine notamment, sans que le prix de l’énergie ne monte, menaçant la reprise de tous ?

2 – Pendant combien de temps les Etats-Unis vont-ils enregistrer de meilleurs chiffres d’emploi sans que leurs taux d’intérêt à long terme montent ?

  • les chiffres d’emploi sont bons, 192 000 en mars et la série vient d’être revue en hausse, mais la bourse change de point de vue. Janet Yellen doit donc continuer à calmer le jeu,
  • La bourse est en effet devenue plus nerveuse pour les valeurs « nouvelles », de type Nasdaq. Elle s’interroge désormais sur ces valeurs qui, il y a quelques mois encore, lui rappelaient sa chère (à tous les sens du terme) « nouvelle économie ». Maintenant, elle se dit que les valorisations sont normales, pour ne pas dire assez élevées, et qu’il s’agit de revoir de plus près la croissance globale et les profits attendus des entreprises classiques. La normalisation des taux d’intérêt aura lieu dans quelques mois, celle des valeurs boursières est en cours.

3 – Pendant combien de temps Mario Draghi va-t-il tenir les marchés en haleine en leur disant qu’il a tout ce qu’il faut pour agir, mais sans agir ?

  • Mario Draghi a été très clair et pédagogue lors de sa dernière conférence de presse, devant des journalistes un peu nerveux. Il leur a dit que l’inflation était basse, ce qu’ils savaient, mais qu’elle le serait moins après Pâques. Il leur a dit que si l’inflation baissait encore, par exemple vers 0 ,4 % il agirait. Et que, de toute manière, il ferait quelque chose.
  • Ce quelque chose c’est un QE à la zone euro. Il tiendrait compte du fait que le financement est ici fait par les banques à des PME et non par les marchés financiers à de grands groupes, comme aux Etats-Unis. Donc Mario Draghi va faciliter le crédit bancaire aux PME et aider à l’achat de crédits PME par les gestionnaires d’actifs, compagnies d’assurances et autres intermédiaires. Rien à voir avec la titrisation qui nous a plongés dans la crise, car celle-là était compliquée et américaine. Nous resterons simples et européens !

4 – Pendant combien de temps la France va-t-elle demander des reports à la Commission européenne pour réduire son déficit budgétaire, reports qui n’en sont pas, selon elle, compte-tenu de sa conception spéciale de la croissance équilibrée ?

  • La France connaît une certaine reprise, mais modeste. La croissance devrait être de 0,1 % au premier trimestre et de 0,3 % au deuxième, en ligne avec les prévisions.
  • Mais ces prévisions ne prennent pas en compte l’effet des réformes promises par le nouveau gouvernement. D’un côté, il s’agit d’un modeste (et politique) soutien à la croissance à court terme par une réduction des charges salariales sur les bas salaires. De l’autre, et en sens inverse, il s’agit de réduire les dépense publiques : hauts salaires des fonctionnaires, simplifications administratives, réduction des dotations aux collectivités locales. Tous éléments qui pèseront plutôt en 2015, contrebalançant l’amélioration attendue par ailleurs. Mais le climat social peut réagir plus vite, sans attendre, lui…

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