• La tension monte au Moyen-Orient et dans toute la région : jusqu’où ? Ce qui se passe autour d’Israël inquiète, à juste raison. On ne sait pas ce qui va se passer dans une région à ce point fragile. Un peu plus loin, les tensions entre chiites et sunnites deviennent guerrières. C’est bien ce qui se passe en Syrie, où le régime en place (alaouite, une branche chiite) est soutenu par le Hezbollah libanais et l’Iran contre les djihadistes sunnites (et les pays sunnites). C’est ce qui se passe au Liban, à Bahreïn, au Yémen, en Irak… Chacun, dans ce contexte, suit ses propres objectifs et le plus vraisemblable est un partage de plusieurs pays en fonction de critères religieux. Tel n’était pas nécessairement le point de départ des « printemps arabes », telle semble être l’arrivée pour beaucoup.
  • L’Argentine va-t-elle payer ? Rien à voir avec la Coupe. Voilà 15 ans que l’Argentine tente de régler les effets de sa dernière banqueroute. La raison du problème aujourd’hui ? Des fonds ont acheté des bons (à très bas prix) mais demandent le remboursement au prix prévu au départ. Vautours, hyènes ou holdouts (tenaces) peu importe : la Cour suprême américaine leur a donné raison. On dit que les autorités argentines ont commencé à négocier et trouvé une solution. Attendons mais les marchés y croient. Sinon le pays va beaucoup souffrir et d’autres questions vont naître sur les dettes souveraines et leur gestion en cas de crise.
  • Le Portugal va-t-il souffrir de nouveau ? Le Banco de Espiritu Santo (BES), premier groupe privé de banque et d’assurance du pays est sous forte pression obligataire et boursière. Les autorités tentent de calmer le jeu et ont changé tous les dirigeants. Le problème est que le Portugal vient de sortir des procédures européennes de protection. Il est allé sur les marchés sans demander à la BCE de ligne de back up. Il faut donc trouver au plus vite une solution interne pour éviter des questions sur le pays lui-même.
  • L’Angleterre va-t-elle monter ses taux la première ? Oui, si on regarde la croissance, forte, le chômage, en baisse constante, les prix de l’immobilier, avec ce qui ressemble à une bulle à Londres. Mais non si on regarde les prix, à +1,5 % en mai. Toujours autant de temps gagné pour le pays et pour (tous) les autres…
  • Les Etats-Unis vont-ils faire payer d’autres banques ? Oui : Citigroup s’apprêterait à verser près de 7 milliards de dollars au Department of Justice suite à la vente jugée abusive de produits titrisés avec des prêts hypothécaires sous-jacents. Commerzbank serait en discussion pour verser 500 millions de dollars, suite à des transactions jugées illicites en dollars avec des pays sous embargo, en vertu du droit américain…
  • La France va-t-elle trouver sa voie ? Pas encore. La reprise n’est vraiment pas là et le moral des entrepreneurs toujours en berne. Les autorités politiques avancent donc des mesures structurelles, en liaison avec une logique d’offre. Mais comme on sait que toute action dans ce domaine prend au moins deux ans pour donner des effets positifs, après des effets négatifs (chômage et fermetures d’activités notamment), on peut penser :

o   que les décideurs politiques jugent qu’il est impossible de continuer sur la voie immédiatement post présidentielle et qu’il faut donc affirmer « le tournant »
o   que l’opposition de droite est trop faible pour contester l’approche et que les syndicats vont finir par accepter,
o   et que les responsables pourront enregistrer de premières victoires.

  • La France va-t-elle trouver une voie ? Pas encore non plus. Il y a une démarche plus « offre » avec Manuel Valls, même s’il souhaite réduire un peu les impôts des classes moyennes et une autre plus « demande », avec l’ancien Ministre du redressement productif qui s’occupait avant de l’offre. Derrière les débats politiques, il y a les mêmes questions : comment réduire la dépense publique sans trop affecter la croissance, comment stimuler l’investissement et l’innovation au plus tôt, quels messages envoyer aux marchés et à Bruxelles pour avoir plus de temps ?

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