Voici les réponses au quizz économique :

1 – Sachant que les tensions sont fortes sur le gaz (Ukraine, Europe, Russie) et sur le pétrole (Venezuela, Nigeria et maintenant Irak), pourquoi le pétrole ne monte-t-il pas très fortement, poussant l’économie mondiale vers un ralentissement fort :

1-1  ailleurs : les marchés financiers regardent ailleurs. Ils ne pensent pas que la crise en Ukraine va dégénérer et croient (surtout) que les puits de pétrole d’Irak seront protégés. Le tout se produirait dans un contexte où la croissance mondiale ne repart pas fort et où l’Arabie saoudite pourrait faire la soudure, si nécessaire. Les marchés financiers regardent plutôt la Fed qui leur promet des liquidités pas chères pendant des mois et la BCE, qui s’engage dans la même voie. C’est pourquoi les risques d’une erreur d’appréciation sur l’Irak doivent être pris avec soin et que les entreprises vont se couvrir de plus en plus : les contrats futures sur le pétrole à court terme sont repartis à la hausse. Attention.

2 – Taux d’intérêt : qui va donc les monter les premiers ?

2-1 plutôt le Royaume-Uni, parce que les indicateurs macroéconomiques (croissance et inflation) et sectoriels (bulle du logement à Londres) poussent dans ce sens. Il n’est pas impossible non plus que les marchés financiers cherchent à savoir « en petit » ce que donnerait la normalisation américaine et poussent le Royaume-Uni à agir. Pour voir.

3 – L’euro va-t-il beaucoup baisser ?

3-1 non, pas beaucoup. La politique américaine va susciter une certaine nervosité parce que les investisseurs cherchent à sortir des politiques « non conventionnelles » (en supposant que le Royaume-Uni normalise en premier, voir plus haut) et parce que la politique de la BCE est de mieux en mieux comprise.

4 Déflation en zone euro ?

4-1 non, la maîtrise des anticipations, la reprise de la croissance et de l’inflation en Allemagne vont peu à peu pousser les prix à la hausse. Mais il est vrai que nous sommes passés près du grand risque et que ces taux d’inflation bas sont un vrai problème. Ils pèsent sur la croissance, donnant naissance à des taux d’intérêt réels élevés. Peut-être que des politiques européennes plus « pro-croissance » vont se manifester bientôt.

– Baisse du taux du livret A en France ?

5-1 oui, mais pas jusqu’à 0,75 % ce qui serait la logique économique. Disons 1 %. Encore une fois la politique va intervenir ici, freinant l’ajustement nécessaire. C’est toujours pareil : quelques paramètres essentiels, prix, SMIC, livret A, prix de l’énergie sont gérés par des règles et/ou des commissions spécialisées. C’est bien. Mais chaque fois le politique se donne le droit d’intervenir. Il n’y gagne pas grand-chose, ralentissant les ajustements et en paye le prix politique – avec intérêts de retard.

6 – Le concept d’ « avantage acquis » a-t-il un sens économique ?

6-1 non, « l’avantage acquis » est une contrainte croissante pour les entrepreneurs, de plus en plus forte dans un monde plus concurrentiel et plus ouvert. Nous ne sommes plus en économie fermée où il s’agissait d’accroître régulièrement la part des salaires par rapport aux profits, dans un schéma marxiste assez simple… Ceci poussait en fait les entreprises à une mécanisation plus forte, à la sortie de capitaux, à la course salaires-prix, puis à la dévaluation si « l’avantage acquis » devenait trop fort pour pouvoir être satisfait. « L’acquis » doit être solidifié pour le demeurer puis pour s’accroître, par la compétitivité. C’est d’ailleurs le modèle allemand.

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