En collaboration avec Gabriel Bardinet, senior manager Capital humain, responsable de l’Observatoire de la Rétribution.

Dans un contexte de stagnation quasi-générale de l’hôtellerie française en 2013, à l’exception du luxe qui continue de tirer la croissance, quelles sont les perspectives en matière de rémunération du secteur ?

Faible marge de manœuvre sur les augmentations

Les niveaux d’augmentation des cadres de l’hôtellerie devraient se situer à 2,4 % en médiane, contre 2,5 % l’an dernier, ce qui demeure nettement au-dessus de l’inflation mais confirme une politique de prudence. Depuis le 1er janvier 2014, le taux intermédiaire de la TVA applicable à l’hôtellerie est passé de 7 à 10 %, mais cette hausse est contrebalancée par des allègements sur le coût du travail déjà votés, tels que les allègements Fillon et le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, ce qui ne devrait pas conduire les entreprises à revoir fondamentalement leurs politiques salariales.

Quoi qu’il en soit, en raison de la raréfaction des budgets, près de quatre entreprises sur dix souhaitent mettre l’accent sur une population en particulier pour le prochain cycle d’augmentation. L’ambition affichée est de reconnaître les meilleurs éléments, les cadres étant désormais principalement rémunérés via des augmentations individuelles (70 %) au détriment des augmentations générales (30 %). Cependant, après plusieurs années de faible revalorisation salariale, les futures négociations annuelles obligatoires s’annoncent délicates.

Tout l’enjeu pour les entreprises est d’attirer et de retenir les salariés, car malgré le ralentissement économique, le secteur fait face à un fort turnover, entraînant des coûts de formation et d’intégration importants. Avec l’attractivité exercée par la ville de Paris et l’accroissement des millionnaires et milliardaires provenant des nouvelles économies, le segment du luxe est particulièrement sensible à cette pénurie de ressources. De nouveaux palaces ont ouvert leurs porte, obligeant ceux déjà présents à repenser leur offre et rénover leurs immeubles, tandis que la demande de prestations de loisirs (spa, bien-être, luxe expérientiel) se fait de plus en plus pressante.

A travail égal, salaire égal ?

La question de l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes devrait être cruciale cette année, afin de rattraper les écarts estimés entre 6 et 8 % pour les cadres et cadres supérieurs, à postes et responsabilités équivalents. L’employeur étant tenu d’assurer l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour un même travail, la crainte des pénalités incite les acteurs à combler les écarts rapidement.

Du côté des inégalités Paris/régions et inter-régionales, l’hôtellerie n’a pas à rougir de ses chiffres. Les écarts de rémunération pour des postes à même responsabilité entre Paris et les régions sont évalués entre 5 et 6 %, soit un pourcentage inférieur aux écarts de coût de la vie publiés par l’Insee. Par ailleurs, l’écart inter-régions est peu significatif, seulement d’1 à 2 %, sauf pour certaines zones géographiques particulières, comme les régions frontalières.

N’hésitez pas à me contacter si les pratiques en matière de rémunération, de motivation et d’engagement des collaborateurs vous intéressent.