En collaboration avec Mathieu Grosheny, Directeur Conseil Assurances.

Si les Français se disent globalement satisfaits de leur système de santé, ils en attendent encore beaucoup, convaincus que des améliorations sont possibles dans de nombreux domaines. De l’accès au soin à la e-santé en passant par le sujet des complémentaires ou de la prévention, notre baromètre annuel montre des attentes variées.

Alors que le projet de loi de modernisation de notre système de santé fait encore débat – après la première lecture à l’Assemblée, le Sénat devrait examiner le texte à l’automne –, la 4e édition de notre étude annuelle réalisée avec l’Ifop analyse la perception des Français de cet enjeu national.

Les coûts et l’accès aux soins continuent d’inquiéter

Certes, la qualité et la sécurité des soins reçus donnent satisfaction. Cependant, comme chaque année, nous constatons qu’une proportion importante de répondants a déjà renoncé à consulter un dentiste ou un médecin spécialiste pour des raisons financières. Tout ce qui touche au coût des soins, aussi bien le prix que le niveau de remboursement, reste donc problématique. Et sur ce point, les Français ne se font pas d’illusion, convaincus que la part des soins restant à leur charge va augmenter.

Dans ce contexte, une part non négligeable de sondés estime que les personnes ayant des comportements à risque, comme la consommation excessive de tabac ou d’alcool, devraient participer davantage aux dépenses de santé qu’ils engendrent. Pour autant, la grande majorité reste opposée à la modulation des remboursements en fonction des revenus.

Les Français diagnostiquent leur système de santé

Source : Deloitte, Baromètre Santé 2015

Complémentaires santé : un mécontentement sur les soins onéreux 

Les versements des mutuelles représentent une part non négligeable du remboursement des frais médicaux, et ils sont jugés satisfaisants pour les principales prestations de soins. Cela dit, c’est sur les soins coûteux que les complémentaires santé sont particulièrement attendues, pour compléter la couverture de la Sécurité Sociale. Or les Français se montrent peu satisfaits de la prise en charge en dentaire et en optique : avec la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés du privé, la question se pose donc de recourir à une supplémentaire en plus de la couverture prévue par l’employeur.

La complémentaire sante ne suffit plus

Source : Deloitte, Baromètre Santé 2015

La prévention est plébiscitée

Alimentation plus saine, activité physique régulière, bilans de santé et dépistages fréquents participent à la prévention des maladies. Près de 9 Français sur 10 affirment avoir engagé au moins l’une de ses actions. Toutefois, on observe une forte corrélation entre l’âge de la personne et le nombre d’actions de prévention entreprises – un constat qui va à l’encontre de la définition même de la prévention, qui implique de s’y prendre au plus tôt.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble des Français, toutes catégories d’âge confondues, juge important le développement de programmes de prévention personnalisés. Il s’agit à la fois d’empêcher ou retarder l’évolution de certaines affections, surtout cardiovasculaires, le cancer et l’obésité, mais aussi de mesurer les bienfaits de la prévention, d’orienter les assurés dans leurs parcours de santé et de les récompenser pour les bonnes pratiques adoptées.

La e-santé : fortes attentes, faibles usages

Pour plus des trois quarts des répondants, la e-santé est perçue comme un moyen efficace d’améliorer la coordination des professionnels de santé, mais également pour mieux suivre des indicateurs biologiques (pouls, tension, poids) et limiter les coûts liés au transport sanitaire et au déplacement des patients. Cependant, son décollage en France est ralenti par la faible digitalisation des échanges entre les usagers et les professionnels de santé.

La crainte du non-respect de la confidentialité des données explique en partie ce phénomène, un sujet qui préoccupe particulièrement les jeunes. Les obstacles techniques ou l’absence d’équipement numérique constituent également un frein. La transmission de résultats d’examens ou le renouvellement d’ordonnances à distance figurent cependant parmi les attentes des usagers. Un fort intérêt est par ailleurs exprimé, notamment par les plus jeunes, pour différentes applications mobiles en matière de suivi médical, de prévention et d’analyse des paramètres médicaux. Cela laisse penser que la e-santé, en proposant des services à valeur ajoutée, bien adaptés au public ciblé et entièrement sécurisés, pourrait prendre son envol.

Si ce sujet vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter.