1 – Argentine, Turquie, Ukraine, Indonésie, Thaïlande, voilà divers pays émergents qui reviennent en première page et inquiètent.

Comme chaque fois qu’il y a une tension mondiale, les raisons qui sont avancées diffèrent, pour la nier. L’Argentine, « c’est un pays qui a des problèmes depuis des années, plus d’inflation qu’il ne dit et de déficit qu’il n’avoue ». Aujourd’hui, il faut clarifier. La Turquie – c’est une réaction contre la pression du Premier Ministre, l’Ukraine – c’est une réaction contre la pression du Président et de Moscou. L’idée est toujours la même : ce qui se passe dans chaque pays est spécifique, rien n’est global. Et si ne n’était pas vrai ?

2 – BRICS, voilà les grands émergents qui inquiètent tous.

Brésil, moins de croissance, Russie, un rouble au plus bas, Inde, un ralentissement et des tensions politiques, Chine surtout un ralentissement avoué, avec une situation bancaire et financière opaque qui inquiète, Afrique du Sud, une économie en difficultés, des déficits budgétaire et extérieur qui se creusent, un Rand qui perd 20 % en un an : c’est donc sérieux. Partout il y a moins de croissance et plus de problèmes de financement.

3 – Derrière « l’anormalisation » des émergents, la normalisation de la Fed

Les Etats-Unis vont mieux et le taux d’intérêt sans risque monte, et c’est le leur. La Fed va moins acheter de bons du trésor et les nombres d’emplois crées montrent que l’économie est repartie. Donc les Etats-Unis attirent les capitaux, capitaux qui quittent les émergents – tous les émergents. La Fed a tout intérêt à calmer le jeu : pour ne pas subir un trop fort mouvement de balancier en sa faveur, pour ne pas trop déstabiliser l’ensemble des émergents.

4 – BCE : l’inflation n’est pas là parce que la croissance n’est pas là, et la croissance n’est pas là parce que les crédits aux PME ne sont pas là

La crainte de la déflation est l’autre face de la baisse du crédit en zone euro. Il est vraisemblable que le point bas est atteint pour les encours de crédit, mais rien n’indique que leur remontée sera forte. D’un côté en effet, la reprise annoncée de l’économie est faible, de l’autre côté, la préparation de l’Union bancaire fait peser partout des questions sur les besoins de fonds propres, réels ou supposés, des banques. Entretemps, Mario Draghi annonce qu’il est prêt à agir, notamment par des achats de crédits bancaires aux PME. Il est temps.

5 – France : après l’emploi qui déçoit, il faut passer des Pactes aux actes

Le nombre de demandeurs d’emplois n’a pas baissé en fin d’année 2013. L’économie est décidément inquiète. Raison de plus pour comprendre que le pacte social qui est en train de se discuter, avec l’idée de réduire les charges qui pèsent sur les PME, pour augmenter leurs marges, est indispensable. Mais les syndicats demandent des contreparties, notamment en matière d’emploi, ce qui ne va pas de soi. D’un autre côté, un pacte de modernisation de la vie publique est en train de s’ouvrir, avec l’idée de simplifier la vie économique et sociale. Quel effet sur le nombre de fonctionnaires ? On voit bien que la France ouvre des discussions dans le privé et dans le public après les autres pays, avec des tensions multiples. Moody’s conserve la note du pays, mais sa patience est limitée. Celle des marchés financiers plus encore.

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