En collaboration avec Axel Dupuy, senior manager Technology Advisory.

Le patrimoine applicatif des entreprises tend à s’alourdir avec le temps. Les nouveaux besoins des métiers et l’introduction de nouvelles technologies y contribuent en superposant à l’existant de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux systèmes. Le phénomène est amplifié si les processus d’urbanisation du système d’information (SI) et de gestion de la demande ne sont pas maîtrisés. Cette lourdeur pénalise l’entreprise car elle bride son agilité et est source d’inefficiences et de surcoûts. Pourtant, peu d’entreprises se lancent dans des programmes de refonte et de rationalisation de leur patrimoine applicatif.

Ces chantiers sont trop souvent perçus comme non prioritaires et trop impactants. Or, il existe des événements suffisamment structurants dans la vie d’une entreprise pour motiver de tels travaux. Les transactions M&A constituent des opportunités uniques de rationalisation du portefeuille applicatif, que le DSI se doit de saisir.

Un événement disruptif, favorable à la rationalisation du portefeuille applicatif

Evénement disruptif dans la vie d’une entreprise, une transaction M&A peut être mise à profit par le DSI pour définir ou réévaluer la stratégie de son portefeuille d’applications. C’est également l’occasion de mettre en œuvre un programme de rationalisation des applications en ligne avec l’approche globale de la transaction. Peu importe si la transaction est une acquisition, une fusion, ou même une cession, la rationalisation du patrimoine applicatif peut aider à atteindre des objectifs de standardisation, de simplification et de réduction des coûts et créer des synergies opérationnelles et financières.

L’occasion de réduire les coûts d’exploitation de l’environnement informatique

Entre tous les bénéfices d’une rationalisation des applications, la réduction des coûts de fonctionnement du SI est celui qui est le plus attendu. Celle-ci s’opère d’abord en réduisant le nombre d’applications du portefeuille combiné en éliminant les redondances. Mais elle ne se limite pas à ça.

La standardisation et la simplification apportées par la rationalisation des applications contribuent également à la réduction des coûts des services applicatifs. La normalisation des fonctionnalités communes aux deux entreprises et l’utilisation de technologies similaires conduisent à construire un SI moins fragmenté, ce qui permet de réduire l’effort de support et de maintenance ainsi que  les coûts de licences.

La rationalisation des applications peut également avoir des répercussions en termes de réduction des coûts sur d’autres dimensions du SI telles que l’infrastructure (par exemple, la consolidation des serveurs due à une utilisation réduite des ressources), les processus (comme la standardisation du cycle de développement) ou l’organisation (telle que la rationalisation des effectifs).

Aligner le paysage applicatif avec le modèle opérationnel de la nouvelle entité

La rationalisation du portefeuille applicatif facilite l’intégration ou la cession d’une entité. Elle permet d’aligner le paysage applicatif sur le modèle opérationnel de la nouvelle entreprise et permet d’offrir des fonctionnalités qui répondent aux exigences du nouveau business model.

Réaliser les objectifs de synergies opérationnelles dans le cadre d’une fusion / acquisition

Un indicateur de succès d’une opération de fusion (ou acquisition) réside dans la capacité à créer des synergies opérationnelles à différents niveaux de l’entreprise (vente, production, achats, etc.). Ces synergies contribuent fortement à la valeur stratégique et financière de l’opération. Cependant, la réalisation de ces synergies n’est pas automatique. Par exemple, la mutualisation des effectifs de deux entités peut s’avérer impossible sans la simplification et la rationalisation des processus métiers. En outre, des processus disjoints et peu efficients peuvent détériorer la valeur de la société combinée.

Pour générer les synergies opérationnelles escomptées, les métiers – mais également les fonctions supports – doivent normaliser et unifier leurs processus. La rationalisation des applications peut faire office de vecteur et d’accélérateur d’une normalisation des processus métiers, en procédant à la migration des processus doublons dans un système informatique consolidé et en éliminant les technologies redondantes.

Adapter le dimensionnement du SI dans le cas d’une cession

La stratégie de rationalisation du portefeuille applicatif est tout aussi importante dans le cadre d’une cession, que ce soit du côté du cédant ou de l’activité cédée. La séparation des systèmes peut en effet remettre en cause les choix d’architecture ainsi que le dimensionnement du SI. Des applications ou fonctionnalités répondant à des besoins spécifiques à l’entité cédée peuvent devenir caduques ou non pertinents pour le cédant et inversement.

Par ailleurs, l’augmentation des coûts relatifs du fait du changement d’échelle ou de modèle économique justifie souvent une réévaluation du paysage applicatif. Là encore, la rationalisation du paysage applicatif est une opportunité d’adapter les capacités informatiques aux besoins de la nouvelle entité et souvent de les réduire.

Un exercice stratégique qui requiert une vision à long terme de l’entreprise

Quel que soit le type de transaction, la rationalisation des applications ne doit pas pour autant s’effectuer dans la précipitation. Dans le cadre d’une transaction M&A, il est utile – voire essentiel – pour l’acquéreur ou le cédant d’avoir une vision à long terme de la structure organisationnelle post-transaction et du modèle opérationnel associé.

Conduire un processus de rationalisation des applications avec une vue à court terme est contre-productif et sera susceptible de limiter la capacité du SI à accompagner les opérations et le développement de l’entreprise avec agilité et efficacité. En somme, la rationalisation applicative n’est pas un simple exercice tactique pour répondre à des besoins de court terme liés à l’intégration ou à la cession d’actifs. Elle doit au contraire être alignée avec la stratégie de l’entreprise à long terme.

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter.