L’industrie mondiale aéronautique et défense est en profonde mutation. Dans son ensemble, elle devrait afficher une croissance de 3 % en 2015. Un chiffre majoritairement porté par l’aéronautique commerciale, celle-ci étant stimulée par l’augmentation constante du trafic. Les opérateurs et les sous-traitants devront ainsi être en mesure de livrer un nombre accru d’appareils – entre 31 000 et 34 300 au cours des 20 prochaines années. Il s’agit à la fois de répondre à la demande croissante en matière de transports de passagers, mais aussi de compenser l’obsolescence des modèles.

En effet, les avions font l’objet d’améliorations constantes, de l’optimisation du rendement énergétique des réacteurs aux nouvelles technologies de navigation en passant par les avancées en science des matériaux. Certaines d’entre elles ont une incidence sur la consommation de carburant, faisant grimper la demande de remplacement d’anciens appareils.

Par ailleurs, le trafic enregistre une hausse continue du nombre de passagers, notamment au Moyen-Orient et dans la région Asie-Pacifique. Dans ces territoires, de nouvelles puissances géopolitiques attisent la concurrence entre les compagnies aériennes. Ceci devrait aiguiser la compétition au niveau des prix et repositionner les grandes compagnies aériennes dans un paysage en complète mutation. Ces dernières devront donc prendre en compte ces marchés porteurs, sachant que dans le même temps, le Moyen-Orient se positionne en leader pour conquérir des parts de marché essentielles à ses économies d’après-pétrole. Ainsi, pour contrer ce dynamisme, des alliances éventuelles de majors européennes ne sont pas à exclure.

Défense : l’évolution des dépenses varie d’un Etat à l’autre

Le secteur défense, de son côté, devrait être plus à la peine, avec des performances en net recul. Le budget alloué par les États-Unis constitue un facteur clé de la baisse, puisque les dotations et autorisations d’engagement de dépenses marquent le pas. Ce malgré les appels répétés à l’augmentation de l’enveloppe militaire.

Cela dit, les tensions au Moyen-Orient, zone instable, les difficultés en Corée du Nord et dans la mer de Chine ainsi que d’autres conflits en Afrique pourraient faire repartir à la hausse les dépenses.

En outre, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon, la Chine, la Russie et d’autres gouvernements impliqués dans des dissensions régionales et frontalières, devraient poursuivre leurs investissements en équipements militaires de dernière génération.

En ce qui concerne la France, le gouvernement prévoyait une réduction des dépenses, mais dans un contexte géopolitique tendu – notamment face à la menace terroriste et à l’impérieuse nécessité de maintenir l’indépendance du pays en matière de politique de défense –, il a dû réajuster son budget. Une rallonge de 3,8 milliards d’euros sur quatre ans a ainsi été octroyée.

Toujours est-il que dans le contexte de restrictions observé dans plusieurs régions du monde, les entreprises de défense ont besoin d’identifier d’autres leviers de croissance. Les nouvelles technologies sont à privilégier, notamment en raison des enjeux de cyber-sécurité, mais aussi pour la surveillance nouvelle génération, la récolte et de l’analyse de données, les véhicules de combat sans pilote et les frappes de précision.

Au regard de tous ces éléments, il faut donc s’attendre à une reconfiguration globale du secteur aéronautique, émergence de nouvelles puissances et enjeux géopolitiques obligent.

Pour en savoir plus, téléchargez notre étude sur les grandes tendances 2015 de l’industrie aéronautique et défense. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter.