Article co-écrit avec Anais Breger, senior manager FSI et Marine Bauchere, senior consultante FSI.

Open Insuring, API, Insurtechs, Regtechs, intelligence artificielle, blockchain… le secteur assurantiel fait face depuis plusieurs années à des mutations profondes, qui remettent en cause les modèles établis. Alors comment les assureurs peuvent-ils et doivent-ils réagir ? Dans quelle direction évoluer ? Notre conviction est que l’assureur de demain sera celui qui saura accompagner son client tout au long de son parcours de vie, grâce à des produits assurantiels et non assurantiels qui couvrent l’ensemble de ses besoins.

Le secteur de l’assurance est à l’aube d’une transformation majeure, qui va révolutionner ses business modèles, ouvrir de nouvelles opportunités et redéfinir ses stratégies de partenariat et de distribution. Son environnement concurrentiel s’intensifie, avec le développement de nouveaux acteurs (FinTechs, InsurTech, RegTech, PropTechs) et de nouvelles technologies (analytics, intelligence artificielle, IoT, blockchain…), qui pousse les assureurs à trouver de nouveaux relais de différenciation et de création de valeur. Dans le même temps, on assiste à l’émergence d’écosystèmes ouverts : en tant qu’institutions ouvertes, les assureurs devront partager leurs informations avec un écosystème de partenaires et entrer dans l’ère de l’Open Insuring au risque, sinon, de prendre un retard capital par rapport à leurs concurrents. Parallèlement, le rapport de force entre assuré et assureur tend progressivement à s’inverser, poussant de plus en plus les assureurs à devenir « client centric ». Aujourd’hui, ce n’est plus au client d’aller solliciter l’assureur pour lui demander de souscrire une assurance : c’est à l’assureur d’aller vers le client pour lui proposer des produits et services adaptés à ses besoins et personnalisés.

Face à ces évolutions, un modèle nouveau se dessine pour l’assureur. Dans un avenir proche, celui-ci ne se « contentera » plus de vendre des produits assurantiels : il considérera le parcours du client dans son ensemble, pour construire une offre adaptée à l’ensemble de ses moments de vie. Cette offre inclura la vente de produits assurantiels et non assurantiels pour couvrir l’ensemble de ses besoins. Pour cela, il pourra s’appuyer sur un écosystème de partenaires, incluant ses concurrents.

Prenons un exemple : l’organisation d’un voyage. Comme le montre notre infographie ci-dessous, le périmètre d’action de l’assureur s’élargit. Réservations des hôtels, organisation des visites sur place, recherche de logement, gestion des paiements… il accompagne son client tout au long de son expérience, de la planification du voyage à son retour France. Comme il ne peut pas construire cette offre seul, l’assureur noue des partenariats avec des acteurs de son écosystème qui l’aident à compléter son offre.

Un tel modèle suppose pour l’assureur de définir sa stratégie de distribution. Il peut faire le choix de distribuer ses services via les interfaces de tiers – le client a ainsi la possibilité de souscrire une assurance voyage directement sur son application de planification de voyage, après avoir réservé son vol et son hôtel – ou à l’inverse, de devenir une marketplace sur laquelle le client pourra souscrire une assurance et avoir en même temps accès à des services additionnels.

L’enjeu, finalement, sera pour l’assureur de devenir l’interlocuteur privilégié du client à des moments clés de sa vie, en complément et même en remplacement de tout autre acteur. Dans le monde de demain, ce ne sera plus en termes d’offre de produits ou de services, mais en termes d’expérience client que se jouera la concurrence entre les acteurs des différentes industries.

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