Article co-écrit avec Mathieu Chastre, Directeur Risk Advisory.

L’année 2010 a fait date dans l’histoire de l’éditeur allemand SAP : c’est l’année où HANA, une nouvelle base de données radicalement différente de la base de données relationnelle classique, a été inaugurée. En 2015, nouvelle révolution :  celle du nouvel ERP S/4 HANA, « le lancement le plus important que l’entreprise ait connu depuis 23 ans, voire même le plus important de toute l’histoire de l’éditeur », selon Bill McDermott, le CEO de SAP.

Le prochain rendez-vous est prévu pour 2025 : ce sera la fin de la maintenance de SAP ECC6, et l’adoption définitive de HANA par tous les clients de SAP.

L’horizon de 2025 semble lointain. Et pourtant, c’est dès maintenant que les entreprises doivent préparer leur migration vers la nouvelle solution. D’abord parce qu’il s’agit d’un virage technologique majeur, qui ne peut pas être pris du jour au lendemain. Ensuite parce que cette nouvelle solution offre aux entreprises de nombreuses opportunités – notamment dans deux domaines, la sécurité et la data science – dont il serait dommage de se priver dans les années qui viennent.

 

 

La sécurité des accès : ce que change HANA

Avec HANA, SAP ajoute deux cordes majeures à son arc en matière de sécurité des accès. D’abord, la capacité à réaliser des analyses de risques en direct et entre plusieurs systèmes, pour permettre aux opérationnels (première ligne de défense) et au contrôle interne (seconde ligne de défense) de suivre en temps réel le niveau de risque de leur paysage applicatif SAP. Deuxième grande évolution : la capacité à réaliser du Continuous Control Monitoring sur l’ensemble des flux métiers et de remonter des alertes en cas d’anomalies détectées.

Ces changements technologiques offrent aux trois lignes de défense de l’entreprise la possibilité de construire des moteurs d’analyse de risques, des KPIs (Key Performance Indicators) ou KRIs (Key Risks Indicators) communs et d’analyse 100% du contenu transactionnel. L’objectif : permettre aux équipes de se concentrer uniquement sur l’analyse des risques et non sur leur détection.

HANA et le monde de la data science

Big Data, Machine Learning, Intelligence Artificielle… à l’heure où le monde de la data science fait la une des quotidiens et alimente les débats, la solution SAP HANA permet d’intégrer directement les projets de data science au cœur de l’écosystème SAP.

La nouvelle base de données, bien plus performante que les précédentes, est capable d’analyser une quantité quasi illimitée de données, en quasi temps réel, via la technologie “in memory”.

Au-delà de la réalisation de reportings, KPI ou KRI, elle permet de modéliser des tendances, de détecter des atypismes ou des comportements anormaux de manière totalement intégrée aux processus de l’entreprise. Grâce à l’analyse des données transactionnelles, les utilisateurs peuvent ainsi prendre des décisions en temps réel, pour corriger des erreurs, analyser des situations à risque ou encore modifier des processus de traitement. Le tout, avant que ces anomalies puissent impacter l’entreprise ou afin de maximiser la valeur produite. En utilisant les techniques d’analyse sémantique (NLP – Natural Language Processing) et en s’appuyant sur le moteur SAP HANA, il est également possible de passer au crible des milliers de pages de documentation pour en extraire des informations clés, prendre des décisions et intégrer ces documents dans des chaînes de traitement automatisées.

L’émergence et le déploiement de HANA et S/4 HANA créent des opportunités pour toute l’entreprise ; cependant ce virage technologique doit être pris en compte bien en amont pour éviter de le subir et pour en tirer un maximum de bénéfices.

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