Notre monde change. Nous vivons aujourd’hui une mutation complète, technologique, sociale, économique et humaine. Plus que jamais, pour la réussir, il faut s’entourer de talents, les garder et plus encore les faire grandir. Ce ne sont pas les robots qui feront seuls la différence et moins encore la compétitivité qui viendra de salaires faibles, dans un monde où il s’agit de monter en gamme et d’être le plus près possible des clients. L’agilité ne s’improvise pas. Elle s’apprend, à partir de la confiance en soi, de la formation et de l’équipe, chacune d’elles à renforcer.

Regardez l’Allemagne, en plein emploi parce qu’elle manque en fait d’effectifs. Notamment, elle n’a pas assez d’ingénieurs. Elle en recrute 73 500 par an, alors qu’elle en cherche 85 200. Et pourtant, elle a beaucoup de robots. On compte en effet plus de 165 000 robots chez elle, contre 35 000 en France, et on les dit plus récents. La robotisation joue un grand rôle dans le succès de l’industrie allemande, mais derrière cette robotisation, il y a… des ingénieurs, des équipes soudées et formées.

Si l’on revient à la France, on peut et on doit toujours regretter le manque de rentabilité de ses entreprises, dont il faudra (le plus tôt sera le mieux) réduire la fiscalité et simplifier la vie. Mais rien ne sera possible si le système de formation ne se met pas plus à l’unisson des besoins, en fonction notamment des régions et de leur spécialisation. Le capital humain doit être mieux défini en fonction des entreprises leaders des métropoles, des grandes régions et des lieux de formation, pour que la communication entre eux soit plus claire et se développe régulièrement. Il ne s’agit pas seulement d’expliquer ce qu’est l’entreprise dans les écoles, même si c’est indispensable, il s’agit aussi de montrer que, région par région, elle offre des possibilités et des carrières.

Au sein des entreprises, la notion de capital humain doit faire davantage son entrée. Il ne s’agit pas de charges salariales ou de formation : il faut mettre en face le capital qui se constitue et, si rien n’est fait, se détériore. Bien sûr, les hommes ne sont pas des machines. C’est bien pour cela qu’il faut parler de capital humain, pour la bonne raison qu’il peut, avec la motivation des hommes et des équipes, augmenter. Ce n’est donc pas une machine.

Or nous ne pensons pas assez aux risques d’usure et de démotivation de ce capital, dans la concurrence mondiale que nous vivons. A force de dire que nous sommes perdus, nous allons finir par l’être. Il faut donc que les Ressources Humaines, bien nommées, fassent davantage entendre leur voix dans la nouvelle compétitivité qui s’ouvre. En même temps, dans le cadre des programmes politiques du prochain quinquennat, des aides plus fortes à la formation dans l’entreprise, à l’apprentissage et à l’actionnariat salarié seront décisives. Il ne s’agit pas de demander aux chômeurs de catégorie A de s’inscrire en formation pour pointer en catégorie D pour s’en sortir ! La preuve, les dernières statistiques du chômage. Sur un an, d’août 2015 à août 2016, le nombre de demandeurs d’emploi en formation, non tenus de rechercher un emploi est ainsi passé de 286 700 à 325 200, soit une augmentation de 13,4%. Pendant cette période, le nombre de demandeurs d’emploi de première catégorie est passé, lui, de 3 567 700 à 3 556 800, soit -0,3%. Mettre en formation peut réduire les statistiques, pour des raisons multiples (qu’on ne commentera pas ici), il n’est pas certain que cela aide ni la croissance, ni le moral.

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