Nous ne pensons plus qu’à ça : combien de candidats du côté des Républicains, du côté des Socialistes, sans compter les Verts, plus les autres. Nous allons peut-être aimer ces débats, car nous préférons la politique à l’économie, l’important est quand même qu’ils aident la croissance et l’emploi pour les années qui viennent ! L’essentiel sera donc les principales visions offertes, en matière de sécurité bien sûr, mais aussi de compétitivité, de formation, de fiscalité et de simplicité.

Le chômage qui est installé en France, même s’il se réduit grâce à des aides multiples, a une origine majeure : une profitabilité trop faible des entreprises dans la concurrence mondiale. Par rapport à l’Allemagne par exemple, l’excédent brut d’exploitation rapporté à la valeur ajoutée des entreprises françaises est actuellement de 32%, grâce au CICE, contre 36% pour l’Allemagne. Hors CICE, il serait plutôt à 27%. Il faut donc continuer dans cette voie : permettre aux entreprises françaises d’innover et d’investir, autrement dit de se rapprocher de la « frontière technologique ». Cette frontière est celle des entreprises les plus avancées, pionnières, celles qui défrichent et prennent des risques, mais celles qui aussi bénéficient des meilleures marges. Etre à la frontière ou proche de la frontière, c’est ainsi entrer dans un cercle vertueux où l’on attire les talents, où l’on avance et où l’on se donne les moyens de poursuivre sur sa lancée. Bien entendu, rien n’est jamais sûr en matière technologique, mais il est plus sûr encore que s’éloigner de la frontière est très dangereux.

Malheureusement, la frontière technologique ne sera pas forcément l’axe majeur des discours que nous allons entendre. L’essentiel est de faire en sorte de s’en rapprocher. Pour cela, la diminution de la fiscalité dans le temps, comme la simplification de l’activité économique, vont dans le bon sens. Renforcer la négociation en entreprise, à la suite de la loi El Khomri, est également indispensable. Mais rien ne sera possible si on ne met pas la formation au cœur du dispositif, à la fois pour l’embauche et pour l’entretien de la qualité du capital humain. Il ne s’agit donc pas de se polariser uniquement sur le salaire de l’an prochain ou sur les objectifs à atteindre, mais de prolonger cette approche dans la durée. Le salaire de demain et d’après-demain dépend évidemment de la façon dont les objectifs annuels seront atteints, mais ce succès est lui-même lié au programme de formation dans lequel le salarié s’engage. La négociation en entreprise, au delà de « l’inversion des normes » qui a exacerbé les tensions, trouve ici sa vraie base.

Mettre au cœur de la réussite française le lien entre compétitivité, formation et négociation, c’est répondre au défi actuel qui est celui du couple Apple + Chine. Inutile de refuser la modernisation, puisque Apple est là, avec ses concurrents et ses applications, pour changer nos modes de production et de distribution. Inutile de refuser la globalisation, puisque la Chine est là, deuxième économie du monde avec une des plus fortes croissances (avec l’Inde). Si nous ne parvenons pas à échanger plus, et surtout de manière moins déséquilibrée, avec la Chine et les pays émergents, notre croissance future est définitivement menacée.

Malheureusement, protectionnisme et crainte des innovations peuvent être présents dans les mois qui arrivent. Il faut le savoir et se préparer à développer des arguments positifs, pour réussir la mutation en cours. Il n’y a aucune raison de rater l’entrée en Primaires si nous déterminons nous-mêmes le programme que nous voulons suivre, pour gagner !

 

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