La récente visite d’Etat d’Emmanuel Macron en Chine traduit une volonté, celle de pérenniser et de renforcer le lien qui unit les deux pays. Ce lien se manifeste très concrètement par l’augmentation des partenariats capitalistiques européens-chinois : en 2017, les investisseurs et industriels chinois ont ainsi réalisé plus de 200 opérations d’acquisition ou de prise de participation en Europe, contre environ 187 en 2016[1]. Ces investissements touchent un nombre croissant de secteurs. Comment peut-on expliquer cette montée en puissance de l’investissement chinois ? Et quelle démarche peuvent initier les groupes français auprès des entreprises chinoises désireuses de nouer une alliance capitalistique ?

Chine : des investissements accrus vers l’Europe

Une conjonction de facteurs – politique, démographique, conjoncturel et financier – contribue au développement de partenariats capitalistiques entre les groupes européens et les groupes chinois.

D’abord, le gouvernement chinois, à travers la mise en place de son plan « Industrie 4.0 », incite les industriels chinois à acquérir de nouveaux savoir-faire technologiques, qu’ils viennent en priorité chercher en Europe. Le pays commence également à se préoccuper des questions environnementales, domaine dans lequel l’Europe dispose d’une expertise reconnue (énergie renouvelable, dépollution, traitements de l’eau et des déchets…). Par ailleurs, le vieillissement de la population et l’émergence d’une classe moyenne en Chine génèrent un intérêt accru des groupes chinois pour les acteurs européens intervenant dans les secteurs de la santé, des biens de consommations et des services. Les produits et marques « made in France » sont particulièrement recherchés. Enfin, de nombreux groupes chinois souhaitent investir hors de Chine dans un objectif de diversification de leur portefeuille d’actifs.

Parallèlement, les groupes européens cherchent des relais de croissance dans d’autres régions du monde, dont la Chine. Ceci nourrit le flux des investissements chinois dans le capital d’entreprises européennes, visant à accompagner ces dernières sur un marché chinois qu’elles ne pourraient pas aborder seules (réglementation locale complexe, style de management différent, difficulté à créer un réseau localement).

Trois étapes clés pour nouer un partenariat avec un investisseur ou un groupe chinois

La première étape, pour l’entreprise française, est de définir les besoins et le projet : recherche-t-on un partenaire financier ou industriel ? Un partenaire capitalistique minoritaire, majoritaire ou associé d’une Joint-Venture ? L’objectif est-il de bénéficier de synergies d’achat, de développer l’offre produits, d’accéder à un nouveau marché ? Lors de cette première étape, il est également utile d’analyser ce que le groupe pourrait apporter à un acteur chinois.

La deuxième étape est d’identifier les groupes ou investisseurs chinois susceptibles de correspondre à ce projet et qui pourraient être intéressés par un partenariat avec une entreprise européenne.

Une fois le projet défini et les partenaires potentiels chinois identifiés, l’entreprise doit organiser la prise de contact et mener un process de transaction compétitif, avec notamment la mise en place d’un calendrier à faire respecter par les différents candidats.

Mener à bien la mise en place d’un partenariat avec un groupe chinois nécessite à la fois une bonne connaissance du marché chinois et de ses acteurs économiques, un accès direct au management de ces groupes (afin d’échanger avec les décideurs), et un savoir-faire dans les process de transaction et dans la négociation avec les groupes chinois – car dans de nombreux cas, les opérations correspondent à une première acquisition hors de Chine.

[1] Source Mergermarket

Si ce sujet vous intéresse et que vous souhaitez être accompagné dans la sélection de vos partenaires capitalistiques chinois, n’hésitez pas à me contacter.

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