En collaboration avec Anne-Claire Freudenreich, Directrice, Formation professionnelle et coaching

A l’heure des MOOC et autres cours numériques, des réseaux sociaux et des plateformes d’apprentissage online, le responsable formation voit son rôle se transformer en profondeur. Rendre le collaborateur autonome dans le pilotage de son parcours apprenant pour atteindre ses objectifs professionnels : tel est le nouveau défi de la fonction Formation.

Grâce à l’évolution des technologies et des équipements, la connaissance est maintenant disponible partout et tout le temps. Cours en ligne ouverts à tous (MOOCs, Massive Open Online Courses), programmes de certifications externes, échanges entre pairs, mise en commun de bonnes pratiques sur les réseaux communautaires… la liste est longue des supports d’apprentissage désormais disponibles. Face à toutes ces informations et sollicitations, le risque est grand pour le collaborateur de se sentir submergé et de se perdre dans les méandres de l’ « infobésité ». Tirer efficacement parti de tous ces outils exige une certaine méthode, et un savoir-faire qui ne va pas forcément de soi.

C’est là qu’intervient, de plus de plus, le responsable formation en entreprise. Face à la multiplication des supports d’apprentissage, son rôle est désormais d’accompagner les collaborateurs et de les aider à construire un parcours « à la carte », en fonction de leurs besoins. Il ne s’agit donc plus de transmettre des connaissances, mais de transmettre une méthode, pour aider l’apprenant à choisir le bon outil au bon moment, en fonction de la manière dont il souhaite faire évoluer ses compétences. Concrètement, ce rôle d’accompagnant peut se traduire par l’animation de plateformes d’apprentissage en ligne, où les collaborateurs peuvent facilement trouver les supports nécessaires à leurs besoins : accès facilité à des vidéos, des conférences, des plateformes MOOC, des modules e-learning et diverses informations « fraîches ». On passe ainsi d’une formation descendante et imposée à une proposition d’information, de formations et d’expérimentations à la carte. Les salariés deviennent acteurs de leur développement et sont placés plus que jamais au cœur du dispositif.

Pour faciliter la transition vers cette nouvelle “expérience apprenant”, les premières étapes suivantes sont indispensables :

  1. Admettre que les apprenants sont aux commandes de leur formation
  2. Accepter de passer d’une formation descendante à une approche centrée sur l’apprenant
  3. Intégrer la démarche de « design thinking »
  4. Utiliser les outils digitaux pour enrichir l’expérience apprenant
  5. Penser « développement de compétences » au sens large et non plus uniquement transmission de connaissances
  6. Aligner la stratégie de développement des compétences à la stratégie de l’entreprise

La digitalisation de la formation est au cœur de cette nouvelle expérience. Près d’un tiers des entreprises sont aujourd’hui suffisamment matures pour véritablement digitaliser la formation. Mais attention : il ne s’agit pas de digitaliser pour digitaliser, mais d’avoir une approche globale avec des modalités parfois distancielles (en réseaux apprenants, en e-learning ou via les plateformes de curation de contenu) parfois présentielles (avec l’utilisation en salle de quiz, vidéos, sondages) en fonction des objectifs pédagogiques et des contraintes de déploiement. La digitalisation de la formation est avant tout une nouvelle manière d’appréhender le développement des compétences et est au cœur de la nouvelle expérience apprenant.

 

schema
 

Le rôle du responsable formation va de plus en plus évoluer vers la construction d’un dispositif agile, pragmatique, permettant à l’apprenant de prendre les commandes de son développement et se former quand il veut, où il veut, selon ses besoins. L’autonomie de l’apprenant est un nouveau défi que seules 44% des entreprises françaises se disent aujourd’hui prêtes à relever, mais qui s’impose comme une tendance de fond pour les professionnels de la formation dont la fonction s’enrichit vers plus de valeur ajoutée.

 

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter notre étude sur les Tendances RH 2016 ou à me contacter.