Le terme de résilience est beaucoup employé, mais que signifie-t-il exactement appliqué à la Supply Chain ? Gestion des risques, prédiction, agilité, flexibilité ? Selon la définition de Deloitte, la résilience est la capacité de la Supply Chain à pouvoir anticiper les risques, les prédire (faire des scénarios de simulation), et réduire au maximum leurs impacts à travers des plans de recovery court terme et des plans de continuité long terme.

En 2013, 42% des sociétés ont fait face à une perte de revenus due à une rupture de Supply Chain, contre 28% en 2011. En 2015, 85% des sociétés ont déclaré avoir identifié une rupture de leur Supply Chain sur les 12 derniers mois.

Pourtant, si les entreprises sont bien conscientes des risques liés à la Supply Chain et leur impact sur le chiffre d’affaires (75% d’entre elles déclaraient considérer le Risk Management comme stratégique), encore trop peu d’entre elles déploient des actions concrètes pour renforcer la résilience de leur chaine logistique. En 2015, seules 30 à 40% d’entre elles avaient mis en place les moyens/outils analytiques prédictifs nécessaires au sein de leur programme de Supply Chain Risk Management.

Cette difficulté manifeste à maitriser le risque est notamment due à la complexification des Supply Chains, qui rassemblent de plus en plus d’acteurs et d’intervenants. On parle désormais de Value Webs dans un monde en réseau. Aujourd’hui, les sociétés ne travaillent plus en mode traditionnel mais avec des écosystèmes élargis de fournisseurs, parfois localisés à l’autre bout du monde. Ce nouveau type d’organisation génère beaucoup d’informations, de valeur mais aussi de risques. Le maillon le plus faible peut mettre à risque l’ensemble de la chaine… A mesure que le réseau de relations se ramifie, la maitrise des risques devient donc de plus en plus complexe et les signaux faibles doivent être recherchés de plus en plus loin dans la chaîne logistique.

Face à cette multiplication des acteurs et des connexions, la résilience d’une entreprise se traduit d’abord par la visibilité qu’elle saura maintenir sur l’ensemble de son réseau, proche ou lointain. Elle pourra s’appuyer pour cela sur différents outils, notamment des outils d’analytics et de visualisation permettant de cartographier leur Supply Chain. Grâce à ces outils, il est possible de visualiser de manière très précise la localisation de l’ensemble des acteurs de la chaine, d’identifier les relations de dépendance qui peuvent éventuellement exister entre certains d’entre eux, ou encore de les classer selon leurs niveau de risques. La cartographie permet donc d’acquérir une meilleure connaissance de ses réseaux de partenaires, de prendre conscience de certaines situations à risque et ainsi de réduire sa vulnérabilité. L’analytics et la détection des signaux faibles (Early Warning Systems) permettent parallèlement à un nombre croissant de sociétés de modéliser les risques grâce à des capteurs tout au long de la chaine de valeur pour en déduire des scénarios de simulation (à backtester). Autre levier important : la gestion de l’information et la continuité des systèmes tout au long de la chaine de valeur, du fournisseur jusqu’au client. La connexion des différents systèmes d’information d’amont en aval donnent à l’entreprise une vision globale des événements ayant lieu au sein de sa chaine logistique, malgré l’éloignement géographique et l’augmentation du nombre des partenaires qui la composent. Avec, in fine, la capacité de détecter plus facilement de potentiels risques et d’y remédier avant qu’ils ne deviennent des problèmes.

Au-delà des outils, les hommes ont aussi leur rôle à jouer dans la construction d’une Supply Chain résiliente. Le passage d’une organisation linéaire à une organisation en réseau, réunissant des dizaines voire des centaines de sociétés, rend plus cruciale que jamais la notion de collaboration. Renforcer les liens avec ses partenaires permet en effet de consolider l’ensemble de la chaine, de pérenniser les relations et de réduire collectivement les risques de fragilisation de chacun des maillons. Cette collaboration peut prendre différentes formes : aide financière, partage de machines, compréhension des risques de chacun, mise en place conjointe de plan de mitigation… L’entreprise doit accompagner ses partenaires et les aider à se développer si nécessaire. Il est également important de diffuser un certain nombre de valeurs communes et de s’assurer de l’alignement de tous les acteurs sur les grandes visées stratégiques de l’entreprise.

Mais la résilience, ce n’est pas seulement éviter le risque : c’est aussi savoir y faire face et réduire au maximum ses conséquences lorsque l’on y est confronté malgré tout. Il s’agit donc pour l’entreprise de renforcer l’agilité de sa Supply Chain, qui doit être capable de réagir rapidement et efficacement face à un incident, en limitant l’impact sur les coûts de fonctionnement. Lorsque l’on parle d’agilité, on parle d’agilité des process – avec adaptabilité à l’imprévu – et d’agilité des systèmes d’information – qui doivent pouvoir répondre de manière souple aux perturbations. Mais l’agilité est aussi et surtout celle des hommes : les équipes d’une Supply Chain résiliente développent une forte capacité à réagir, à se mobiliser et à s’investir spontanément face à une situation de crise.

La notion de résilience n’est pas nouvelle, et toutes les entreprises aspirent à renforcer la capacité de résistance de leur Supply Chain face au risque. Pourtant, la prise en compte de cette notion s’avère difficile au sein de réseaux de plus en plus complexes et de plus en plus globalisés. Dans ce contexte, acquérir une bonne vision de son réseau et des risques qui le menacent, renforcer la collaboration avec l’ensemble de ses partenaires et renforcer son agilité face à certains incidents inévitables sont des principes à comprendre et maitriser pour se préparer efficacement à tout type de risques.

 

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