Article co-écrit avec Marine Bauchère, consultante senior, Elsa Mallein-Gerin et Chloé Dreher, consultantes FSI.

Dans le cadre de la Directive sur les Paiements n°2 (DSP2), les données bancaires sont mises à disposition de tiers, qui peuvent désormais, comme les banques, y avoir accès. Cette ouverture des données est riche d’opportunités pour les banques, qui peuvent en tirer des revenus additionnels. Mais si les français sont enclins à partager leurs données bancaires, ils attendent en retour des services à forte valeur ajoutée. Les établissements financiers doivent donc porter une attention toute particulière au discours porté et la valeur perçue autour de leur utilisation des données bancaires des clients. Ainsi, 57% des français seraient prêts à partager plus d’informations personnelles avec les institutions financières si, grâce à ces données, des produits et services mieux adaptés à leurs besoins leur étaient proposés.

Alors comment les banques et les assurances peuvent-elles, grâce aux données, améliorer l’expérience de leurs clients et renforcer leur engagement ?

La donnée est la voie royale vers une meilleure connaissance des clients. Certaines startups se sont spécialisées dans l’analyse et l’interprétation des données bancaires. Elles développent des algorithmes d’intelligence artificielle pour restituer à la banque ou assurance des segmentations de leur portefeuille client, affiner les ciblages clients, mesurer des parts de marché…

Toutes ces nouvelles données permettront aux banques et assurances de mieux comprendre les besoins de leurs clients, pour leur proposer des services sur mesure. Par exemple un coach financier ou d’épargne qui accompagnera un client au quotidien dans la gestion de son budget, et l’aboutissement de ses projets personnels. Il est possible d’aller plus loin et de devenir le partenaire de vie de son client, en lui proposant des services qui vont au-delà des prestations classiques des banques ou assurances. Sur son application bancaire ou assurantielle, le client pourra être épaulé au quotidien dans la gestion de ses finances, mais également disposer de tous les services répondant à ses univers de besoins. En deux clics il pourra réserver ses billets d’avion, faire appel aux services d’entrepreneurs pour rénover son appartement, commander un taxi, réserver un restaurant… D’après la dernière étude Deloitte « Les Français et les nouveaux services financiers », 78% des français seraient intéressés pour que leur banque / assurance leur propose un service hors de leur champ d’action naturel. Cela traduit une légitimité forte des banques et des assurances à proposer des services d’accompagnement en dehors de leur cœur de métier. Elles capitalisent ainsi pleinement sur la notion de tiers de confiance que les français lui donnent légitimement.

Les banques pourront également proposer à leurs clients un agrégateur de comptes bancaires. Un service qui, d’après le dernier baromètre Fintech Deloitte, suscite de plus en plus l’intérêt des français. 14% des Français en utilisent déjà un, 66% utilisant celui de sa banque ou de son assureur plutôt que celui d’une fintech.

Cet agrégateur de compte pourra être enrichi d’un agrégateur de contrats d’assurances – pour se différencier des agrégateurs traditionnels – et complété par de nouveaux moyens de paiement via la consommation de l’API d’initiation de paiement. Le client a ainsi la possibilité de mieux gérer son budget et de faire des allocations optimisées entre ses comptes pour éviter les découverts et placer tout excédent de trésorerie.

Autre idée : s’inspirer des géants asiatiques tels que AliPay qui proposent à leurs clients une market place sur laquelle le client trouvera l’ensemble des services de partenaires dont il a besoin.

Les possibilités offertes par l’ouverture des données sont infinies… Le mouvement est amorcé, certains acteurs bancaires et assurantiels ont déjà lancé des initiatives sur le sujet. A quand votre tour ?

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